jeudi, 11 janvier 2007
En passant
Lu, aujourd'hui dans les pages rebonds de Liberation.
"Tout, dans sa nature et dans sa culture, le rend étranger au racisme. Lui, le fils d'une immigrée espagnole, a appris d'emblée la différence qui tient à la nationalité et grandi dans le respect de l'altérité. Lui, l'homosexuel, a éprouvé très jeune la violence invisible provoquée par la dissemblance et mené le combat contre l'homophobie quand tant d'autres se taisaient. Lui, le secrétaire d'Emmanuel Berl, a fait ses humanités auprès d'un des grands penseurs du XXe siècle. Lui, le proche de François Mitterrand, a partagé les combats contre les discriminations. Lui, l'homme de scène et de télévision, a traversé les tourbillons et les rencontres avec le public où toutes les couleurs, toutes les races, toutes les religions se mélangent, sans distinction. Lui, l'écrivain respecté, acteur et spectateur de son temps, a tenté de dire l'horreur que lui inspirent les blessures infligées à ceux qui ne peuvent se défendre. Il nous paraît donc injuste de chercher à lui coller l'étiquette infamante de raciste."
On croirait une parodie, non ? Les derniers humanistes brêlant sont en train de virer fous.
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samedi, 30 décembre 2006
Une vie de Robert Walser



C’était un de ces jours où le ciel déposait sur le toit des maisons un drap de coton épais, un jour d’hiver où la ville ressemblait à toutes les villes sous l’œil d’un peintre du dimanche, les cheminées qui fumaient, les rues avalées par la brume, les fenêtres noircies, la rumeur des automobiles… Avant c’était les becs de gaz mais bientôt personne n’allait s’en souvenir, et tout s’éteindrait dans la main du temps, hérissée de buildings, comme une toile d’araignée pleine d’orages métalliques et de moteurs à essence. Il s’était levé, le dernier jour de l’avent, le sapin dans le hall, un autre au réfectoire, les guirlandes accrochées sur les façades, l’odeur du gâteau au miel qui cuisait dans les fours, il s’était dit maman, maman, ce souvenir quand il l’avait tirée par la manche, en vain, le gâteau avait brûlé, une odeur âcre qui s’était répandue dans les rues de Bienne, jusqu’au 22 octobre 1895. Adieu, adieu, on n’avait pas pleuré. Dehors, la neige était encore tombée toute la nuit, mais il avait son manteau et ses chaussures, alors il était sorti, un peu sur les hauteurs, une heure, peut-être plus, en allant chercher les épicéas comme un gamin pelant son orange. Y aura-t-il des cadeaux ? Où est passé Saint-Nicolas ? Son manteau bleu qui recouvrait ses pas, l’azur lointain, sa barbe blanche pleine de miettes, un nid pour les oiseaux. Quand il logeait avec Karl, c’était il y a des années, il fallait aussi qu’il quitte ses compagnons, la joyeuse communauté, aimer son frère, sa sœur, ses autres frères, c’était cela qu’il avait d’abord écrit, mais les longues marches solitaires, la nuit, quand l’eau des lacs brille comme un planisphère, un peu d’éclat sous la crête sombre des montagnes, cela vous rendait ivre et heureux, on ne pouvait qu’aimer encore plus, même les vieilles, même les laides, même ces comptables vulgaires qui parlaient si fort dans les cafés. Alors marcher, marcher encore, laisser dans la neige des graphes éphémères, voilà tout de son écriture désormais. Ils pouvaient remonter ses pas, et guetter les signes, ils pouvaient tous lire ses derniers ouvrages dans le voile de givre, tressés par le langage des talons, des bottines de cuir, d’une canne, tout ce qu’on avait encore jamais lu de lui, les zeppelin dans le ciel, les bombes, les voitures embouties, mais toujours la même façon de manger ses biscuits, de boire le thé avec les logeuses, d’avaler les bières, le même bonheur, ce cœur qui bondit comme un ange dans la poitrine, les voilà maintenant, il suffisait de lever la tête, de crever le drap de coton, les jambes se détendent, c’est si délicieux, la poitrine, elle va chercher les astres du soir, au bord des lacs, et c’est assez, assez pour une bonne vie.
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mardi, 19 décembre 2006
Vue de Manhattan
18:29 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 18 décembre 2006
Pause touriste



15:28 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mercredi, 13 décembre 2006
90 étages plus bas, 5800 km plus loin, cinq années en arrière : apparition des vivants.


18:54 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 06 décembre 2006
Sur le pouce
16:10 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
lundi, 04 décembre 2006
Pharoah Sanders, New-York, décembre 2006


20:25 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 20 novembre 2006
Metablog
mercredi, 15 novembre 2006
L'invasion des pangas fous

Autre chose encore au cours de cette période d’insomnie passée sous les lumières intermittentes d’un téléviseur…
… Et d’ailleurs, pourquoi regarder la télévision, au moment où l’on croit ses voisins endormis ? Pour un type séduit par l’idée de sa propre disparition sociale, il est quand même stupide de s’accrocher à un lien de cet ordre-là, 625 lignes électroniques sautillantes à vous coller le Haut Mal sur un canapé défoncé où s’éparpillent des chips au goût de bacon. Ce n’est pas la solitude qui vous agenouille devant la télévision, mais la télévision qui vous couche dans un cercueil où seul l’Etat vous connaît encore. Dehors, la ville n’attend que nos corps pour danser, et la danse a toujours fait peur au pouvoir (d’où ces fêtes institutionnalisées qui offrent l’illusion de libérer des énergies mais les contrôlent mieux que jamais). En fait, je m’enfonce dans le monde partagé par mes contemporains, au moment où ils dorment. C’est une honte concédée aux faveurs de la nuit, un abandon aux puissances mortes, car la télévision est morte, depuis deux décennies maintenant, depuis qu’elle s’est prise comme son propre objet d’investigation…
… Autre chose, oui, en découvrant ce reportage sur l’élevage du panga. Un poisson-chat mis en batterie dans des cuves boueuses du Mekong pour satisfaire l’insatiable appétit des occidentaux. Où l’on apprend que sa nourriture est exclusivement constituée de farine de poissons pourris. Le contrôle de sa reproduction n’a été possible que par l’introduction dans son alimentation d’urine de femmes enceintes. L’ai-je rêvée celle-là ? Non, le cauchemar est réel. Nous interdirons bientôt l’avortement, élèverons des stocks de jeunes mères pour recueillir leur pisse dans des cuves d’acier en direction de l’Asie où étouffent des milliards de poissons gavés des cadavres pourris de leur propre espèce, avant retour sur les étals occidentaux où une population vieillissante se gavera à son tour de panga en sauce. Bien sûr, je songe au documentaire confus de Hubert Sauper ou à la ligne claire de Luc Moullet, mais à ce niveau-là, le cinéma du réel me paraît inopérant.
Alors, quoi ?
Retrouver le sommeil et manger des châtaignes dans le pré familial.
lundi, 06 novembre 2006
Montage, mon beau souci






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