samedi, 02 février 2008
Un succès de librairie
Il y peu, on m'invite à proposer un sujet pour une collection de pamphlets chez une jeune maison d'édition. J'hésite quelques jours, déjà débordé par de multiples projets.
Hier, après deux bouteilles de Chardonnay vidées en compagnie d'un ami, nous trouvons un titre : "Sarkozy ou le dernier soixante-huitard (éloge d'un mao-rrassien)". Il devrait casser la baraque à frites. D'ailleurs, je trouve le titre tellement bon qu'il me paraît inutile d'en rédiger le programme.
Je vais peut-être chercher un autre sujet.
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vendredi, 25 janvier 2008
Document
Je regardais hier un documentaire qui passait tard le soir sur France 2. Après quelques minutes, j'ai compris qu'il s'agissait de ce film dont N. m'avait parlé trois ans auparavant, alors qu'elle travaillait pour la chaîne. Il n'y eut donc pas de surprise à découvrir que cet homme dont nous suivions la démarche mourrait à la fin littéralement sous les yeux du téléspectateur. Un cachet, deux gouttes, quelques baillements allongé sur le lit, et c'était fini. Une euthanasie filmée jusqu'au bout après d'invraisemblables scènes où l'homme organisait un pot de départ radical avec ses collègues, faisait une dernière fois la fête, recevait un ami passé là cinq minutes avant qu'il n'aille définitivement s'allonger. "c'est une situation étrange" constatait d'ailleurs l'invité de dernière minute en regardant l'infirmière qui présentait ses petits produits "sentant le bonbon".
Ma première réaction fut de penser que la réalité dépassait la fiction. Ce lieu commun bien évidemment faux, puisque les deux régimes du réel et de l'imaginaire ne sont pas en compétition, mais en décalage, et se frottent l'un sur l'autre. Un auteur un peu avisé pourrait inventer des scènes encore plus stupéfiantes. Oui, mais elles ne seraient pas vraies, constateraient alors les idiots. Le poids de réel ne fait pas la vérité, surtout quand le réel est faux (je sais, ça va encore faire râler).
Ma deuxième réaction fut un grand abattement. car je n'avais rien appris. Je n'avais non plus rien compris. J'avais juste assisté à la mort d'un homme sans même ce caractère de rituel pédagogique qu'on pourrait lui prêter. Je me suis senti vide, et un peu écoeuré. Pour tout dire, inutile, et sans plus d'estime de soi. C'est que même le genre documentaire finit par être souillé de l'ivresse spéculaire creuse de la télévision. Comme il n'y a rien à voir, on montre tout, même la mort d'un homme. Et on n'en tire aucune leçon.
Alors, après avoir vu une telle porcherie, je me demande quelle exigence peut-on réclamer à un téléspectateur, quel documentaire peut-on encore lui montrer qui aurait la force hypnotique de ce qui nous jette dans un tas de boue en nous retirant tout sens de la dignité ? Probablement rien. Nous aspirons trop à des vies de cochons.
Incidemment, la question des chaînes du service public se révèle être un simple artifice. Il n'y a qu'une seule télévision, et elle n'a rien d'humaniste contrairement à ce que ses animateurs voudraient laisser entendre.
vendredi, 18 janvier 2008
Hop
Une soirée impromptue s’est prolongée par la projection du « Gerry » de Gus Van Sant que je revoyais là pour la deuxième fois. L’occasion de constater à quel point le film peut provoquer de l’ennui hébété (les convives geignaient sans pouvoir se résoudre à abandonner le film en cours) et aussi de réviser mon jugement critique. J’en avais gardé le souvenir d’un objet arty misant sur la sidération de ces spectateurs bienveillants qu’on retrouve généralement devant une installation d’art video. Mais, à quelques coquetteries près, m’a frappé cette fois-ci l’excellente tenue narrative du film : un personnage va d’un point A à un point B, meurt un peu en chemin, et se découvre différent à la fin. La leçon aura été profitable, monsieur, et comme on est chez les américains, aux troubles angoissés de l’enfance viennent se substituer les errances de l’adolescence peu à peu abandonnée comme une peau morte dans le désert.
Autre chose que je remarquais ce soir-là, bien que le sachant déjà, fut les emprunts presque littéraux de Gus Van Sant à Bela Tarr. Plusieurs plans sont ainsi des remake de ceux que le hongrois avait tourné pour le Tango de Satan, comme s’il réitérait sur un mode fragmenté, et donc nettement plus fétichiste encore, l’opération faite avec le « Psychose » de Hitchock : greffe de la couleur et de la modernité des corps sur un découpage identique. La personnification est telle qu’un film de Tarr, sorti deux ans plus tard, fait à son tour penser en au moins un point à Gerry : dans la scène où les vandales marchent vers l’hôpital, on ne peut que penser à celle où les deux Gerry avancent côte à côte, avec leurs visages de profil. Même attention – par la durée – au rythme des pas, même présentation de visages énigmatiques.
Ce qui change alors, c’est que dans un cas, les corps sont juvéniles, beaux et joyeux, tandis que dans l’autre ils sont vieux, laids et tristes. D’où peut-être une des explications de la mauvaise réception critique des films de Tarr : car au fond, même s’il est respecté, et peut-être admiré, le cinéaste hongrois semble déjà mort aux yeux de la plupart.
Revu alors les « Harmonies Werckmeister » en compagnie d’une metteur en scène de théâtre. Imperméable aux impasses de la cinéphilie, elle semblait tout comprendre en même temps qu’elle découvrait le film.
Décidément, il faut ne plus aimer le milieu du cinéma pour pouvoir aimer encore le cinéma tout court.
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mardi, 08 janvier 2008
Pynchon, ou le cristal des voix humaines.
C’était le 18 avril 1974, dans le Hall Alice Tully du Lincoln Center à New York. On remettait le National Book Award remporté cette année-là par Thomas Pynchon, pour son livre l’Arc-en-ciel de la gravité. Devant un parterre de journalistes et d’éditeurs, un petit homme sec livrait un discours de remerciement volontairement confus et absurde pendant qu’un autre type médusait l’assistance en traversant la salle les fesses à l’air. L’homme qui parlait n’était pas l’auteur du roman lauréat mais le professeur Irwin Corey qui, du reste, n’avait de professeur que le nom et faisait profession de comédien. Pynchon l’avait engagé avec le streaker pour animer une cérémonie compassée et s’éviter par la même occasion une fastidieuse apparition publique. Depuis la parution de son premier roman (V) en 1963, l’écrivain fuyait en effet toute médiatisation, et semblait n’avoir aucune adresse fixe. Encore aujourd’hui, on ne connaît de lui que trois photos de jeunesse, prises quelques années avant son entrée dans le monde des lettres américaines.
Vingt-trois ans plus tard, à la parution de son cinquième roman, CNN diffusait des images de foule arpentant les trottoirs bondés de Manhattan. A la fin, une voix nous informait que nous venions de voir dans ce ballet coloré de silhouettes, perdu parmi des centaines d’autres, le visage de Thomas Pynchon. Très vite, les spéculations fusèrent, d’arrêts sur image en ralentis, pour savoir si c’était cet homme, un peu dégarni, ou cet autre-là avec sa casquette et sa moustache tombante. Mais la question restait sans importance. La facétie télévisuelle ne disait qu’une chose : le plus grand écrivain américain contemporain était un marcheur démultiplié, une singularité noyée dans le flux incessant des corps de New-York City, habitant ce monde comme une présence commune et quotidienne. Ainsi, Pynchon, ni hors de la foule, ni noyée dedans, était la foule.
...
La suite est à lire dans le numéro 1 de la revue Impur, trouvable dans les bonnes librairies.
vendredi, 04 janvier 2008
A l'heure du bilan (4)
Un homme pose son pied sur un rail de chemin de fer, et attend.
Bientôt, les cailloux du ballast s’éboulent nerveusement sur les voies. Un grondement de feu et d’acier remonte le long du rail jusqu’à faire vibrer la plante du pied toujours posé dessus. L’homme réajuste son foulard sur le bas de son visage et regarde au loin, dans l’encre noire de cette nuit d’avant les récits de légende. Il attend un train, comme une lumière venant trouer l’obscurité. Ce train, nous le savons depuis sa naissance, c’est le cinéma. Il s’annonce par le tremblement de la matière et arrive dans l’épaisseur translucide d’un cône lumineux. Avec lui vient l’Histoire. Jesse James devient alors ce personnage de lumières et d’ombres, spectre errant dans les plans, vingt-quatre fois par seconde, au visage de cire zébré de veines bleues, car sa vie n’est plus qu’une longue intermittence glacée. Sur le cuir de ses bottes s’accrochent des pelletées de souvenirs qui forment l’humus de cette passion nécrophile qu’est l’amour du septième art. Elle place nos regards sous les forces hypnotiques d’un ballet de fantômes, êtres surgis du passé, ou d’un lieu reculé, nos semblables lointains dont les fantastiques existences ne sont pourtant jamais loin des nôtres. C’est dans la salle obscure que se défait le quotidien en quelques lambeaux d’identification, pour ne plus laisser place qu’au monde, même s’il nous semble boiter de côté. Et nous, spectateurs, en découvrons alors les justes aperçus dans cette débilité même.
Ainsi les cow-boys fatigués marchent en traînant les jambes.
Il n’y avait donc qu’un film en 2007, un film comme pur objet cinématographique, un monde fini de sens, habité des morts-vivants qui gisent dans les replis secrets du réel, et dont il appartient au cinéma de les rendre à notre vue en rouvrant les carnets de l’Histoire.
De bout en bout, détaché de ses influences dramaturgiques, abandonnant sa matière picturale dans l'hébétude du mouvement, L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford était le geste de cinéma de cette année passée, superbe dans son isolement et sa perfection, fragile dans sa musique émotive.
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mercredi, 02 janvier 2008
A l'heure du bilan (3)
Le texte critique le plus tranchant, polémique, et donc généreux que j'ai pu lire l'année passée a été écrit par un blogueur, et pas forcément le plus lu ou influent. Dans cette attaque en règle d'un cinéma de l'agrément, on trouvera un point de vue affirmé avec netteté et étayé de façon limpide, loin des creuses conceptualisations que certains rédacteurs installés se croient obligés d'infliger à leur trop crédule lectorat.
Et que je sois en désaccord avec à peu près tout ce que dit ce texte n'a ici pas la moindre importance.
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mardi, 01 janvier 2008
A l'heure du bilan (2)
Une preuve supplémentaire en cette fin d'année du grégarisme pénible derrière lequel se cachent la paresse et le goût du confort pépère des héroïques agents de culture que nous sommes : retrouver dans les bilans des audacieux critiques de la blogosphère (et de la presse affiliée) toujours le même titre de court-métrage. Copinage tranquille, jugement aléatoire, oubli des centaines d'autres qui ont trimé pour faire leur film mais qui ont l'inconvénient de ne pas appartenir au petit cercle des rédacteurs. L'écologiste autorisé que je suis ne peut s'empêcher de penser que c'est avec chacun de ces petits gestes au quotidien que s'entretient le corps sénile du cinéma français.
Bravo.
vendredi, 21 décembre 2007
A l'heure du bilan (1)
A l'heure du bilan, petit papa noël, le précieux film de l'année s'appelle Eva Mendes. Pas la peine de l'emballer dans tes horribles papiers brillant, je la veux nue au pied du sapin, sertie d'un sourire large comme une cicatrice d'émail et avec pour seul cadeau un pussy cake qui sent l'écorce terrestre, le miel des abeilles, et l'orange d'un petit Jesus provencal.
Comme j'ai bien travaillé, tu prendras soin de ne pas t'arrêter au noël de l'Elysée. Je ne voudrais pas qu'elle atterrisse dans ma cheminée fagottée comme une traînée en stella forest avec des traces de vieux rat musqué.
S.
P.S. : pense à mon gros chèque pour faire mon film qui n'est pas du tout sagouin comme un français.
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jeudi, 13 décembre 2007
Sans titre
Il m’a longtemps semblé qu’écrire des histoires était une vanité et une occupation infantile. A quoi bon donner vie à des personnages et les installer dans des situations en feignant d’en n’être que l’observateur ? On n’a alors pas grand mérite à livrer des vérités en s’appuyant sur de petits lego narratifs : simple tour de passe-passe où l’auteur s’étonne du comportement de créatures qui ne sont que ses marionnettes. Ainsi, je me suis tenu à l’écart de toute fiction en me rêvant plutôt documentariste. Fiction, du latin fingo nous enseigne le Vocabulaire européen des philosophies : ce qui modèle dans l’argile. Toutes les historiettes sont un visage de glaise qui saute par-dessus la singularité des traits humains. Bien sûr, je me trompais, même si encore il m’arrive de trouver navrant la laborieuse écriture de faits imaginaires.
Navrant, on ne saurait mieux dire du film « De l’autre côté » qui pourtant semble emporter l’adhésion de ses spectateurs. Le jury de Cannes lui a même attribué le prix du scénario pour ce qui nous semble être le pire exemple de récit fictionnel qu’on puisse faire. Alors que j’assistais terrassé à la projection de ce film, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer son auteur suant à grosses gouttes sur sa table de travail en espérant trouver des charnières narratives aussi ridicules qu’artificielles. L’artifice est bien entendu au cœur de cette machinerie enfumée qu’est le cinema. Mais, soit qu’on l’exhibe, soit qu’on le cache, il se fait oublier. Ici, c’est l’inverse : on joue à fond le naturel, l’accident, l’aléatoire, et tout ce qu’on voit c’est des cours de scenario laborieusement digérés où aucun personnage ne semble exister autrement que comme faire-valoir dans un récit mélodramatique de l’évitement. Déjà que je n’aime guère le genre en soi, si en plus vient s’y adjoindre la totale gratuité de ses virages narratifs, alors c’est le pompon et je demande à sortir du manège. Cette posture du « et si… » qui voudrait donner le sentiment d’un gâchis des relations humaines voulu par un coquin de sort, comme si les grosses coutures du scénario pouvaient avoir valeur de destin, semble le nouvel apanage d’un world cinema du déracinement et de la frontière. C’est Lelouch chez les alter-mondialistes, et c’est donc proprement à chier.
A côté, James Gray fait figure de vieux hibou sentencieux, avec sa vision déterministe et immanente des relations humaines. Mais le film vaut bien mieux que ses critiques. Ici, nul accident, nul coup du sort, mais une tragédie implacable qui carbure aux rapports sociaux et familiaux. Trop implacables ont jugé certains qui ne supportent pas l’idée d’un héros descendu de l’empire du cool (club new-yorkais, bimbo latina et coke à gogo) pour se ternir volontairement dans le familialisme en uniforme. Il est vrai que Gray n’y va pas de main morte et dégage tous les obstacles et conflits intérieurs auxquels on pourrait s'attendre sur le chemin de son récit. Le héros passe de petite frappe cokée à flic intègre sans trop se poser de questions. Si cela nous paraît tiré par les cheveux, c’est qu’on n’a pas souvent l’occasion d’avoir à choisir entre deux univers antagonistes. Et une des grandes beautés du film tient à la gueule de rat crevé de Joachim Phoenix : d’une certaine manière, le conflit absent du récit revient comme une entaille sur son visage. Confier son amour fraternel en tirant une telle gueule d’épouvantail revient alors à prendre en charge une partie cachée du film sur ses seuls épaules d’acteur. Grandeur de la multiplicité sémantique du cinema.
Un qui de l’astuce tombe à l’exercice de petit malin, c’est bien Todd Haynes, avec sa biographie éclatée de Dylan, « I’m not there ». Ici, le post-moderne en sur-régime est définitivement aussi distrayant qu’un enterrement sous la pluie. L’idée de faire jouer le personnage Dylan par une branlée de comédiens différents n’était pas mauvaise. Encore faut-il la dépasser, ce qui n’est pas le cas. Dylan, c’est donc plusieurs personnes à la fois. Whaou, réveillez-moi quand c’est fini. A part cela ? Cate Blanchett vous fatiguera à coup sûr avec son numéro de cirque de diva. Je préfère de loin Jim Carey. Reste que je n’arrive toujours à savoir si Christian Bale est un comédien médiocre ou tout bonnement génial. Médiocre quand il surjoue la méthode avec sa voix en dedans et ses traits de psychokiller attardé, mais peut-être génial quand il se met à chanter Jesus fringué comme Willy de chez Arnold et Willy. Penser à écrire sur ce type qui est une version terminale et délirante de l’actor’s studio. Bon, reste la mise en scène, quand même brillante. Entendre par là que Todd Haynes a développé un style qui s’appuie sur une idée assez juste du cinéma comme reconduction de la vie sous forme d’archives. Y compris en reprenant les fictions, ici « Huit et demi » de Fellini. Dès lors, tout son travail s’articule sur une recréation des accidents du documentaire, avec son cortèges d’images plates et de zoom : adieu la perspective, Todd Haynes est le cinéaste du plan bidimensionnel (avec Sokourov, bien sûr, mais chez lui c’est pictural). Comme je travaille depuis un bout de temps sur la fabrication documentée du fictif (voyez comme on retombe sur nos pattes), forcément, je suis resté jusqu’au bout de la projection, pour finalement n’en rien retirer.
Sinon, une dernière incise à cette note écrite sur le pouce. Outre l’émotion naturelle qu’on peut ressentir à la lecture de la lettre écrite par I. Betancourt à sa famille, on peut aussi tomber sur le symptôme maladif de ce qu’est l’univers bourgeois. S’adressant à sa fille, l’otage la félicite pour l’obtention de son master mais l’enjoint à pousuivre jusqu’en doctorat car « il faut des lettres » pour entrer dans ce monde. C’est que, ajoute-t-elle, sa fille ira bien plus loin qu’elle et sera appelée aux sommets. Voilà donc comment une femme manifestement à bout de force après cinq années de captivité au fond de la jungle, bourgeoise cosmopolite éloignée de la société, en un sens presque volontairement ensauvagée par ses ravisseurs, voilà comment cette femme ne cesse pourtant pas d’envisager la réussite professionnelle de sa progéniture avec l’impératif de la voir accéder aux plus hautes fonctions.
Grandeur et folie du social qui ne s'avoue jamais vaincu.
mercredi, 28 novembre 2007
En passant
"... dans la nouvelle dimensionnalité de l'espace culturel postmoderne, les idées ressortissant de l'ancien type conceptuel ont perdu leur autonomie ; elles sont devenues des espèces d'images rémanentes, projetées sur l'écran de l'esprit et de la reproduction sociale par la culturalisation de la vie quotidienne."
Frederic Jameson, La totalité comme complot, ed. Les prairies ordinaires, 2007
Je lisais cela, et pensais que de la même manière, goûter de nouveau aux vieilles soupes sexuello-affectives n'était que la noyade du désir dans l'image, plutôt que le désir de l'image.
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