mercredi, 31 mai 2006

Oui, je suis superficiel (5)

 Le lendemain, Babylone avait claqué un million de dollars pour la fête de « Marie-Antoinette ». Le matin, le film était sifflé en projection presse. L’après-midi, je marchais une dizaine de mètres à côté de Francis Coppola qui ressemblait désormais à un nain grassouillet planquant ses bourrelets sous un polo vert amazone. Francis, Francis, tu es un génie, pouvais-je murmurer dans les éclats de la foule cannoise, alors que mes jambes devenaient aussi courtes que les siennes. Bientôt, j’allais m’habiller de pièces de tissus ramassées dans la rue et je cesserais de me nourrir, attendant que le couvercle bleu se fende d’un coup, et qu’un trait de lumière suinte par toutes les blessures du ciel pour nous ramasser tous dans sa main. Au fond, je marchais ces quelques minutes à côté de l’histoire et à côté du mythe. Je n’étais qu’un ringard de cinéphile en vapeurs.  Le soir, je foulais pieds nus le sable du Cinema sur la plage où avait lieu la projection de La montagne sacrée du vieux psycho-mage que Simon voulait produire. Le projecteur éteint, les astres rallumés, je me glissais dans le groupe de discussions formé de Jodorovski, Simon et Nick Nolte qui partageait avec moi la lenteur des ivresses. Je quittais finalement cette compagnie pour gagner les hauteurs de Super Cannes où avait lieu la fête du Studio Canal. Là, je prenais des verres de vodka orange en compagnie d’hôtesses Jameson, avant de discuter brièvement avec le réalisateur de Treize et de serrer quelques mains, les mêmes que la veille, les mêmes que deux jours auparavant, les mêmes que tous les soirs. Alain Chabat était toujours là, comme s’il dormait dans les caves de la villa, et l’on retrouvait les silhouettes élancées des filles qui riaient aux blagues habituelles, et les mêmes figures people qui ne semblaient plus quitter leurs gobelets de plastique, toute la chair gonflée par les coupes de champagne. C’était l’éternel retour pour une humanité salie par les poignées de terre qu’elle jetait chaque jour sur le corps mou du cinéma.

Oui, je suis superficiel (6)

 Jeudi, les bonnes âmes allaient enfin pouvoir sortir leur mouchoirs de la naphtaline avec la projection du gros téléfilm niais de Rachid Bouchareb. Pour l’occasion, ils avaient ressorti Samy Naceri de prison avant qu’il n’y retourne très vite. Avec Indigènes, il devenait évident que la sélection officielle avait cette année fait le choix de l’indigence. Si c’était cela le rendez-vous annuel du cinéma, alors le cinéma était bien mort, cuit, et remodelé en poterie à mémé. Je n’étais donc plus déprimé, j’étais simplement dépressif. Il fallait boire. Ce qui fut fait le soir-même en compagnie de Simon et de la charmeuse Bogy. Je quittais finalement cette compagnie pour rejoindre Bertrand à la soirée « Indigènes », lui qui semblait avoir abandonné l’idée de dormir. Assis parmi la foule des fêtards habituels, alors que Greg le millionnaire cherchait à savoir d’où venait cette bonne odeur d’herbe, Bruno Dumont semblait indifférent à l’ambiance dansante et devisait tranquillement avec une femme qui lui souriait doucement. Ce type, à lui tout seul, nous lavait de toute cette boue. L’alcool me retenait d’aller l’embrasser comme du bon pain, ou de pleurer silencieusement. A quelques mètres de là, les vagues s’échouaient avec dans leur besace la peau des marins qu’elles avaient embrassés, et je songeais un instant à m’y jeter pour éprouver autre chose que cette lente, si lente glissade dans le gouffre des nuits désolées. Mais une main sur l’épaule, un rire dans le dos et une coupe tendue suffisaient pour retourner le monde à l’envers. Flip-flap, nos pieds baignaient dans les étoiles et le cœur se raffermissait, car le voilà qui voulait chanter à tue-tête des refrains d’amour triste et des couplets gaillards, car le voilà qui dansait et tanguait comme une pleureuse ivre au rythme doucereux des ressacs d’une mer grise.

Oui, je suis superficiel (fin)

 Et vendredi arriva comme une délivrance. Peu avant midi, je retrouvais Juliette au cinéma des Arcades pour découvrir le beau film de Christophe Honoré. Passées les dix premières minutes qui faisaient craindre le pire, comme une troisième resucée de ce cinéma de blessure un peu appuyé où le réalisateur jouait une dernière fois sa partition d’auteur maladif et brisé, c’était enfin un envol le temps d’une journée Dans Paris quasi désert, les pas légers derrière ceux d’un Garrel plus Leaud que jamais, la douleur des amours mal placés dans les larmes limpides d’un Duris magnifique et Guy Marchand en père tourmenté à la beauté si lasse, une chanson douce amère à travers un combiné, les regards de Truffaut et d’Eustache, leurs douleurs et leurs joies, toute notre vie qui filait le temps de quelques bobines comme si l’on avait une dernière fois retrouvé la formule magique, et je me sentais mieux, et le cœur se faisait plus léger. J’étais enfin prêt à accepter qu’une histoire s’achève, et je la serrais une dernière fois dans mes bras tandis qu’elle murmurait « je ne veux pas de rupture » mais je pensais non, c’est fini, c’est fini et c’est mieux ainsi, je ne me retournerai pas, je ne dirai pas adieu, mais c’est fini, je le sais.

Je rejoignais Simon et De. à la terrasse d’un café avant de m’enfoncer dans la salle à demi vide où se jouait Juventud em marcha de Pedro Costa. Après deux heures et trente cinq minutes, la douleur s’ouvrait enfin devant le plus beau film du festival et je voyais à quelques sièges de là le réalisateur portugais les yeux noyés comme des vitraux de cathédrale. En avant, jeunesse, pouvais-je alors écrire. Je me retrouvais le soir à la soirée de la Quinzaine, discutant un instant avec J-S avant de rencontrer une journaliste hongroise qui avait réussi l’exploit de confondre Nick Nolte avec Chuck Norris, pendant qu’Azouri se déhanchait encore et que Chloé Sevigny attendait un prince charmant dans une robe noir-et-blanc. Puis Bertrand appelait de la soirée du Giannoli où Christophe donnait un concert impromptu avant de rejoindre le raout de la semaine de la critique où S. dansait en regardant une mer d’huile lui murmurer les mots les plus fous. Après un passage au Jimmi’z où Bruel draguait la fille sur laquelle Bertrand avait des visées depuis trois jours, nous suivions les pas de Bono et the Edge pour atterrir au Baron, accueillis comme des princes saoudiens jusqu’à ce qu’Emmanuelle Beart ne nous fasse dégager de la table. Je parlais ensuite quelques temps à une belle femme fatiguée, avant de danser les deux heures qui suivaient au seul son des White Stripes que j’avais retenu. Et, quand le jour se levait sur une Croisette déserte et bleuie, je marchais sur le bitume jusqu’à me battre avec un inconnu qui reçut tous les coups que je m’étais donné au long de cette semaine maudite. Et le ciel entier fut mon témoin.

vendredi, 19 mai 2006

Sondage sur l'épaisseur des murs

Crédits musique : Clinic - "For the wars"

En 1955, Mickey et ses amis sortaient des écrans télévisés pour inaugurer dans la communauté d’Anaheim, en Californie, un premier parc d’attractions. Disneyland s’étendait sur 44 hectares et regroupait en un environnement unique, docile et malléable, tout le paysage américain, ses buildings et ses banlieues, ses déserts et ses montagnes, l'infini de l'horizon qui tenait enfin dans un seul regard, éteint et puéril, celui du touriste. L’histoire, aussi, devenait ce grand mouvement concassé, vidé, et revomi comme de la junk food dans l’assiette de visiteurs béats, rassurés de n’avoir plus à avaler ni arrêtes ni os, heureux de pouvoir arpenter paisiblement le passé sans jamais en connaître la violence, sans jamais avoir à plier les épaules sous les coups de l'evènement, comme si le songe maudit s'achevait enfin dans des cuves de soda et le ballet élephantesque des shorts colorés.

En 1956, l’architecte d’origine viennoise Victor Gruen faisait édifier dans le Minnesota le Southdale Mall, ensemble de commerces regroupés sur une même surface où allaient venir s’egayer les travailleurs des classes moyennes tertaires qui rongeaient désormais le monde social comme des termites. Le centre commercial était le futur admis du monde architectural, toujours plus imposant, imaginatif et déroutant, un débordement de félicité goulue mais qui avait oublié que l'avenir finit toujours couché dans la terre des cimetières, comme d'ailleurs tous les travailleurs du tertiaire.

Un demi-siècle plus tard, nous n’avons plus qu’à contempler les vestiges de l’ancien espace public de nos cités, désormais entièrement laissé aux mains galopantes d'une privatisation qui érige ses murs et ses barbelés, ses frontières invisibles aussi, pour protéger des millions de corps de la présence malfaisante de la rue, une rue abandonnée à ceux qui, justement, se trouvent sans domiciles, putes, camés, clodos, épaves et ruines, rouille humaine dont la chair s'assombrit d'un tunnel de passage ouvert aux vents mauvais. C'est donc dans un autre espace pacifié que nos solitudes se regroupent chaque jour un peu plus, dans ces cathédrales de béton et d'acier toutes dédiées aux loisirs et à la consommation. Centres commerciaux gigantesques, les mall sont nos églises et nos places, et forment avec les centres culturels et les halls d'aéroports la sainte trinité des bâtiments pours laquelle mûrissent aujourd'hui les projets architecturaux les plus fous. Nous sommes les visiteurs de ces temples où se consomment produits manufacturés, culture de loisir, et exotisme à bon compte. Le reste n'est plus qu'un ensemble prospérant lentement derrière les barreaux du zoo humain, un cirque, un barnum où des sauvages jouent de la trompette pour amuser les enfants malades que nous sommes devenus.

Mais en 1955, ce que les visiteurs n'avaient pas encore compris de Disneyland, c'est qu'ils n'étaient pas les seuls à l'habiter. Le vieux Walt avait en effet aménagé tout le premier étage d'un pâté de maisons de Main Street, quartier censé représenter le centre-ville d'une cité de la fin du XIXème siècle. Il y venait le week-end passer ses journées à observer la foule des visiteurs. Voilà donc ce dont il fallait nous douter : si les oreilles de ce monde sont nombreuses, Mickey aura toujours les plus grandes.

mardi, 02 mai 2006

La peau du steadicam

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Contrairement à ce qu’enseigne l’opinion commune, le steadicam n’a pas été inventé pour les besoins du film de Kubrick, Shining. Son concepteur, Garret Brown, l’a mis au point dès 1972. Le premier plan tourné avec dans un film commercial date de 1976, soit quatre ans avant que ne soient mis au point les travelling dans les couloirs de l’Overlook Hotel. Si l’on attribue généralement à Kubrick la première utilisation de cet appareil, oubliant au passage les plans qu’en tirait John G. Avildsen dans Rocky, c’est que le réalisateur, toujours passionné par les procédés techniques, a su voir dans le dispositif les possibilités nouvelles de découpage qu’il autorisait et qui allaient parfaitement s’intégrer dans l’ensemble de son film. Et il s’agit moins du plan séquence en mouvement, procédé déjà employé et usé, que de cette fluidité du plan, ce balancement légèrement ivre en même temps qu’assuré du cadre par où tout événement devient possible en même temps que traqué par une puissance invisible qui n’est rien d’autre que la camera elle-même.
Ce que Kubrick fait donc accomplir à l’appareillage technique, c’est sa propre mue en puissance plastique, quand la main se découvre autre que simple outil emprisonné dans le cocon des intentions pour enfin connaître sa puissance de chrysalide prête à sa révélation esthétique. Le steadicam n’est pas simplement ce procédé qui permet d’aller là où l’ancienne dolly n’allait pas, allongeant à l’infini le plan-séquence jusqu’à atteindre la durée du film qui n’est plus que ce plan-là, telle l’Arche russe filmée par Sokourov. Il n’est pas plus un dispositif censé reproduire l’usage du rail à moindre coût. Comme on ne peint pas de la même manière un tableau avec un pinceau ou un couteau, on ne filme pas le même plan avec deux procédés techniques différents. Le geste, car il y a geste dans le cinéma, n’est pas équivalent. Il suffit de songer aux légers tremblements qu’on peut voir dans ces travellings avant émaillant le découpage d’un film comme La règle du jeu, ces bougés fragiles quand nous suivons la mère du narrateur du Miroir, toute cette indécision d’un mouvement qui manque de fluidité, comme si la mémoire, le souvenir, n’étaient jamais tout à fait précis et tranchants. C’est qu’il y a une émotion cinématographique de la dolly, ramassis compact de métal roulant sur des rails parfois mal posés et mu par des bras qui s’alourdissent et fatiguent : sueur physique, limites du corps, tremblements des affects, la technique vient habiter le plan et troubler le cœur du spectateur. Lynch, comme tous les grands cinéastes, sait en faire son miel, lui qui impose des charges considérables sur le chariot, s’assurant ainsi que les machinistes, emportés par l’inertie de l’appareil, auront le plus grand mal à freiner le travelling et qu’ainsi le mouvement se prolongera dans une infinie gradation où les mondes désunis viendront se mêler de façon contiguë. Le principe de la dolly, c’est donc le principe du poids qui échappe à la main humaine.
Le steadicam, au contraire, joue la fusion entre l’opérateur et l’appareillage : par un système de harnais et de contre-poids, le steadicameur cherche à faire corps avec la camera. Ses muscles, pareils aux ressorts du système, varient indéfiniment leur tension de manière à positionner le centre de gravité du système désormais unifié au niveau de la main, qui est une poignée, qui est un objet doté d’une âme, qui est la camera désormais animée. Tous les plans tournés au steadicam signent alors une présence, un souffle discret et légèrement ivre qui vient tanguer aux abords des personnages. Ni hors-champ, ni dans le champ, ni humain, ni inanimé, ce peut-être un dieu, un diable ou la nature, mais c’est toujours le cinéma lui-même qui se manifeste dans le plan, toujours le cinéma qui rappelle que l’univers n’est pas vide mais qu’il bruisse de ces milliards de voix qui sont les nôtres. C’est ainsi le sens qu’a pu en manifester Kubrick dans son film en suivant à la trace les déambulations du petit Danny dans les couloirs de l’hôtel. Le cinéaste savait combien la technique était loin d’être transparente et pouvait modifier les intentions esthétiques, il savait qu’un plan était habité autrement que par ce qu’il représentait, il savait qu’un souffle vivant et inhumain dépassait de très loin les pauvres intentions illustratives.
Lorsque William Friedkin utilise un steadicam pour tourner ses plans dans Traqué, il accomplit un geste dont il reste peu coutumier et, par là, s’oblige à changer de manière, ce style fait de sécheresse et de stylisation réaliste, qui tient à l’emploi de longues focales sur des camera-épaule et un montage en jump-cuts. Avec ces quelques gimmicks qui ont inspiré bon nombre de films d’actions contemporains, Friedkin présentait un monde brutal et lacéré, où les actions humaines pouvaient sombrer à chaque instant dans les débordements de violence qu’elles généraient. Paul Greengrass en a systématisé et grossi les traits dans un film qui reste, à ce jour, comme un des meilleurs action movie de ces dernières années, La mort dans la peau. Le découpage, à la limite de la visibilité, nous plongeait dans un ultra-réalisme si intense, qu’il en devenait parfaitement abstrait, comme si l’humanité de son personnage disparaissait dans un devenir machinique délirant. L’auteur Friedkin n’avait donc aucun intérêt à prolonger cette manière aujourd’hui parfaitement assimilée par le système des studios. Les plans tournés au steadicam dans son dernier film orientent alors le projet vers une contemplation presque mutique de la violence humaine, lutte entre deux hommes, traque entre deux bêtes, mais comme suspendue par un regard étonné et amoureux, une présence immanente vibrant dans les forêts de feuillues, et qui ramène l'élan vitaliste jusqu'à la morbidité du personnage joué par Benicio del Toro à un pur abandon panthéiste déchargé de toute motivation psychologique. Dans ce corps à corps brutal mais sensuel qui semble lier affectivement les deux protagonistes, le choix du steadicam est alors celui d'un souffle et d'un esprit rôdant aux abords des jeux humains, reniflant l'animal qu'ils laissent entrevoir pour les étreindre finalement de boue et de pluie jusqu'à leur faire don d'une essence minérale.
William Friedkin ne sera pas le cinéaste d'une seule période.
Sinon, le soleil accompagne dehors les jambes nues des filles et il faut croire que nous ne vivrons jamais que pour nous abîmer dans la douceur de leur peau.
Allez, vacances.

vendredi, 21 avril 2006

Un réac.

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William Friedkin, entraperçu à la cinémathèque, ressemble désormais à un retraité américain portant bedaine, mocassins et pantalon de toile avec la raie sur le côté. Il trouve les acteurs français formidables, Bruno Cremer fantastique et Amidou (Amadou dira le préposé à la traduction) merveilleux. Le cinéaste a donc aujourd'hui l'allure exacte de celui qui a réalisé "L'enfer du devoir", navet raciste terminal, connerie filmée avec un de ces manuels du découpage qui pullulent dans les librairies. Un type qu'on imagine tondre la pelouse de sa maison en Floride avec un petit drapeau américain suspendu à la porte.
Mais quand les lumières s'éteignent, on découvre "Le convoi de la peur", film chaotique et mal branlé, presque arythmique, courant après une expérience du réel qui paraît s'être abattue sur les épaules voutées des comédiens, dégueulant la musique écoeurante de Tangerine Dream sur des images de pluie, de crasse et de cendres, et touchant, in fine, au Royaume des Morts. Il n'y avait donc au bout de ce voyage cinématographique que cela, le spectacle d'une étreinte perdue, quelques pas sur le sol poussièreux au fond d'une jungle, un homme qui danse comme nous finirons tous par le faire, en attendant que la nuque cède et que s'exhale un dernier souffle.
Alors oui, le vieux Bill a filmé des fantômes et, comme tel, ce vieux shnock a bien mérité de tondre sa pelouse.

jeudi, 13 avril 2006

Vide bouteille

mardi, 11 avril 2006

Le monde des signes

Pour la deuxième fois de ma vie, j'ai rêvé de Thomas Pynchon.

La première fois, je montais une pièce de théâtre à partir de son Mason and Dixon. Un même comédien jouait tous les caractères. A la fin de la première représentation, j'apercevais au fond de la salle un homme âgé, plutôt grand, et coiffé d'une casquette. Il sortait dans la rue, allumait un clope, et nos regards se croisaient furtivement, le temps d'un sourire. La seconde fois, je me rendais dans la ville du Creusot où il était censé être passé pour la préparation d'un roman. Je tombais sur lui, lui expliquais que je voulais écrire un essai sur son oeuvre et son personnage, il me serrait la main et me disait qu'il n'y voyait aucun inconvénient. Ensuite, nous visitions les usines ensemble, puis je l'invitais à dîner dans ma famille et il passait le repas à séduire une femme, mais je ne sais plus qui au juste. C'était devenu un vieil ami. Quand je suis éveillé, l'envie d'écrire cet essai en allant sur ses traces me tient de plus en plus à coeur. Il m'arrive même parfois de ne souhaiter plus qu'être un personnage de ses romans. Ce serait une belle façon de disparaître.

En suivant le fil de recherches sommaires sur Internet, je suis tombé ici. Il n'y pas de hasard.
Le monde est un complot sans comploteurs.

jeudi, 06 avril 2006

Politique du moment

A l'heure de cette crise de régime qui n'en finit pas de finir, petite tumeur du 20 mars 1986 achevée en nécrose du corps social faute de soins nécessaires, et puisque à l'ennui nous n'opposons que le chaos, il est temps de mettre les voiles, cap sur les traces d'Antoine, le seul roi que nous nous reconnaissons. Musique : Devendra Banhart - "In niel"

lundi, 03 avril 2006

La boîte à images