jeudi, 15 janvier 2009
Deville

« Certains livres – et peut-être celui-ci- choisissent eux-mêmes l’asile de nos bibliothèques » peut-on lire dans « La tentation des armes à feu », dernier ouvrage paru de Patrick Deville. Nul doute que ses livres ont eux-même échoué près d’autres tranches jusqu’à former une communauté paisible de récits arrachés aux bouquinistes du monde. En janvier 2004, son précédent roman, « Pura Vida », gagnait ainsi des escales envahies de mondes en papier, par on ne sait quel chemin dérobé qui traçait une ligne entre l’Amérique du sud et la France. Ses trésors se livraient à la lumière d’une publication, offrant aux lecteurs l’occasion de s’enrichir sans tapage avec un songe de l’histoire, comme Antoine de Tounens s’était autrefois élevé en rêvant simplement de la Patagonie. Deville, lui, nous transportait au Nicaragua, exhumant du passé des figures d’aventuriers exaltés, pendant que des guérilleros perdus s’étiolaient dans la contemplation hagarde d’un nouvel ordre criard, un bordel de gringos surmonté des néons où clignotaient les mots fluo de « démocratie libérale » et de « capitalisme ».
Une oeuvre était née, déjà la deuxième pour son auteur.
La suite dans le numéro 2 de la revue Impur, en librairie.
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