mercredi, 26 novembre 2008
The big picture
So…
Présenter la série télé Mad Men comme un grand film de guerre.
Guerre des hommes entre eux ? Mauvaise piste. Les rapports de compétition s’intriquent naturellement avec ces amitiés viriles de groupe qui nous montrent des soldats tantôt au travail, tantôt au repos. Nos cadres publicitaires sont tous dans le même camp.
Guerre des hommes contre les femmes ? Pas mieux. Chacun suit sa pelote, pas vraiment dans la même direction, mais les personnages sont tous aussi perdus sur le champ de bataille. Il faut dire qu’à l’exception du second classe Peggy Olsen, ils n’ont pas identifié l’adversaire. Pourtant, quelque chose canonne systématiquement dans leur dos, un poids qui les fait se plier vers la caméra, alors qu’elle ne paraît les filmer qu’en contre-plongée. L’arrière-plan, ce serait tous ces plafonds qui bouchent l’horizon dans des décors d’une minutie maniaque jusqu’à la nausée.
Mais c’est aussi, derrière ce décorum civilisé, l’histoire qui pousse ses pions dans le silence feutré d’une Amérique qui se croyait neuve et innocente dans la victoire. Les névroses pointent par tous les bouts, et ce qui se trame dans les arrières-cuisines du récit, jamais cachéé mais justement ultra visible en surface, trop peut-être pour des analystes du mode de vie, c’est une mutation culturelle qui va plonger l’Occident dans la contre-culture, l’hygiénisme des corps, et la désintégration des solidarités humaines.
Mad Men filme les ravages d’une société libérale comme un champ de bataille silencieux, poli, étouffant et névrotique où tous les individus souffrent de n’être pas à leur place.
La suite prouvera qu’ils ne la retrouveront plus.
La suite, c’était les Soprano.
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mardi, 04 novembre 2008
Le rêve hollywoodien
Lu, dans Libération du 04 novembre 2008 :
«Les libéraux sont ultra-majoritaires à Hollywood. Ils utilisent des méthodes d’intimidation, les gens différents ont tout simplement peur de perdre leur boulot», poursuit-il. «Si vous allez à un casting et qu’on sait que vous ne pensez pas comme les autres, vous êtes grillés.» A ses yeux, Sean Penn, Susan Sarandon ou Tim Robins sont des «connards aigris» qui sèment la terreur. «Ici, Bush est comparé à Hitler, les Républicains sont perçus comme des racistes, des sexistes, le mal absolu. Et si vous n’aimez pas Obama, c’est que vous êtes raciste», déplore Breitbart. «Le plus drôle, c’est de voir leur style de vie. Ils ont les pratiques les moins écolos du pays, ils prennent l’avion tous les deux jours. Ils vivent entre eux, envoient leurs domestiques faire les courses, méprisent les Américains moyens. L’autre jour, David Geffen (producteur de musique très pro-Obama, ndlr) discutait avec Meg Ryan de combien il trouvait horrible le groupe Wal Mart. Un ami lui a demandé s’il y était déjà allé, il a dit non.»
Ne pas y voir la propension, certes réelle et ancienne, des gens du cinéma à se déclarer plus volontiers de gauche et libéral, mais remarquer simplement que les bouffons, même embourgeoisés et notabilisés, recherchent toujours leur roi. La nouveauté étant qu'ils ne savent plus se moquer du souverain.
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