mercredi, 26 novembre 2008

The big picture

 

So…

Présenter la série télé Mad Men comme un grand film de guerre.

Guerre des hommes entre eux ? Mauvaise piste. Les rapports de compétition s’intriquent naturellement avec ces amitiés viriles de groupe qui nous montrent des soldats tantôt au travail, tantôt au repos. Nos cadres publicitaires sont tous dans le même camp.

Guerre des hommes contre les femmes ? Pas mieux. Chacun suit sa pelote, pas vraiment dans la même direction, mais les personnages sont tous aussi perdus sur le champ de bataille. Il faut dire qu’à l’exception du second classe Peggy Olsen, ils n’ont pas identifié l’adversaire. Pourtant, quelque chose canonne systématiquement dans leur dos, un poids qui les fait se plier vers la caméra, alors qu’elle ne paraît les filmer qu’en contre-plongée. L’arrière-plan, ce serait tous ces plafonds qui bouchent l’horizon dans des décors d’une minutie maniaque jusqu’à la nausée.

Mais c’est aussi, derrière ce décorum civilisé, l’histoire qui pousse ses pions dans le silence feutré d’une Amérique qui se croyait neuve et innocente dans la victoire. Les névroses pointent par tous les bouts, et ce qui se trame dans les arrières-cuisines du récit, jamais cachéé mais justement ultra visible en surface, trop peut-être pour des analystes du mode de vie, c’est une mutation culturelle qui va plonger l’Occident dans la contre-culture, l’hygiénisme des corps, et la désintégration des solidarités humaines.

Mad Men filme les ravages d’une société libérale comme un champ de bataille silencieux, poli, étouffant et névrotique où tous les individus souffrent de n’être pas à leur place.

La suite prouvera qu’ils ne la retrouveront plus.

La suite, c’était les Soprano.

Commentaires

Si tu as vu cette série un peu grâce à moi, j'en tirerais une certaine fierté...
Ce que tu écrits à propos de ces individus qui souffrent de n'être pas à leur place est tout à fait juste. Chaque épisode décale un peu plus les personnages, augmentant le jeu entre eux et le monde qui les environne.
Le premier épisode de la saison 1 est à ce titre remarquable, en éludant la figure du départ, il fait du retour un aller direct vers l'enfermement et du héros un étranger dans sa propre maison.
Ps : C'est Olson pas Olsen.

Ecrit par : P/Z | mercredi, 26 novembre 2008

Ce n'est pas un peu, c'est juste grâce à toi (plutôt qu'à des critiques qui la loueront après avoir encensé un show télé destiné aux adolescentes en crise hormonale).

Ecrit par : Slothorp | jeudi, 27 novembre 2008

Les deux derniers Californication sont excellents (S02 E60/07).

Ecrit par : sk†ns | jeudi, 27 novembre 2008

A partir du moment où il redevient célibataire, c'est sûr que c'est mieux. Enfin, il pine à tout va.

Ecrit par : Slothorp | jeudi, 27 novembre 2008

Dur de choper Mad Men S01.

Ecrit par : sk†ns | vendredi, 28 novembre 2008

En réponse à sk†ns : si vous souhaitez rentrer dans l'illégalité, vous le trouverez facilement...

Ecrit par : Pascal Nègre | mardi, 02 décembre 2008

Un ami lui a filé.

Ecrit par : Denis Olivennes | mardi, 02 décembre 2008

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