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mardi, 08 janvier 2008
Pynchon, ou le cristal des voix humaines.
C’était le 18 avril 1974, dans le Hall Alice Tully du Lincoln Center à New York. On remettait le National Book Award remporté cette année-là par Thomas Pynchon, pour son livre l’Arc-en-ciel de la gravité. Devant un parterre de journalistes et d’éditeurs, un petit homme sec livrait un discours de remerciement volontairement confus et absurde pendant qu’un autre type médusait l’assistance en traversant la salle les fesses à l’air. L’homme qui parlait n’était pas l’auteur du roman lauréat mais le professeur Irwin Corey qui, du reste, n’avait de professeur que le nom et faisait profession de comédien. Pynchon l’avait engagé avec le streaker pour animer une cérémonie compassée et s’éviter par la même occasion une fastidieuse apparition publique. Depuis la parution de son premier roman (V) en 1963, l’écrivain fuyait en effet toute médiatisation, et semblait n’avoir aucune adresse fixe. Encore aujourd’hui, on ne connaît de lui que trois photos de jeunesse, prises quelques années avant son entrée dans le monde des lettres américaines.
Vingt-trois ans plus tard, à la parution de son cinquième roman, CNN diffusait des images de foule arpentant les trottoirs bondés de Manhattan. A la fin, une voix nous informait que nous venions de voir dans ce ballet coloré de silhouettes, perdu parmi des centaines d’autres, le visage de Thomas Pynchon. Très vite, les spéculations fusèrent, d’arrêts sur image en ralentis, pour savoir si c’était cet homme, un peu dégarni, ou cet autre-là avec sa casquette et sa moustache tombante. Mais la question restait sans importance. La facétie télévisuelle ne disait qu’une chose : le plus grand écrivain américain contemporain était un marcheur démultiplié, une singularité noyée dans le flux incessant des corps de New-York City, habitant ce monde comme une présence commune et quotidienne. Ainsi, Pynchon, ni hors de la foule, ni noyée dedans, était la foule.
...
La suite est à lire dans le numéro 1 de la revue Impur, trouvable dans les bonnes librairies.
Commentaires
excellent ! Vais aller zieuter du côté de mon kiosque de quartier...
Ecrit par : .Moland.Fengkov. | mardi, 08 janvier 2008
Je vais attendre qu'uncopain me la passe
Ecrit par : P/Z | mercredi, 09 janvier 2008
radin !
Ecrit par : .Moland.Fengkov. | mercredi, 09 janvier 2008
Quand vous l'aurez lu, P/Z, je veux bien vous l'emprunter également...
Quant à toi, Slow Torpe, avec ce genre de piges, tu pourras très certainement financer ton long-métrage (d'ici une trentaine d'années).
Big bisous.
Ecrit par : dj zukry | mercredi, 09 janvier 2008
Oui mais non, si on considère qu'une frange du lectorat ne veut pas rétribuer le juste travail du rédacteur. Ah, elle a bon dos la copinerie !
Ecrit par : Slothorp | mercredi, 09 janvier 2008
Pour info, IMPUR sera dans les librairies en milieu ou fin de semaine prochaine (vers le 16-18 janvier).
Ecrit par : Laura | jeudi, 10 janvier 2008
He's (really) not there !
Ecrit par : Joachim | samedi, 12 janvier 2008
C'est pal'tout mais j'ai dépensé 15 euros (en fait 5, j'avais gagné 10 euros à l'euromillion) pour acheter... XXI chez Compagnie...Pas de trace de IMPUR...so what...
Ecrit par : P/Z | samedi, 19 janvier 2008
C'est sorti la semaine dernière de l'imprimerie. Le temps que les librairies passent commande, j'imagine.
C'est bien XXI ?
Ecrit par : Slothorp | lundi, 21 janvier 2008
L'article de E. Carrère sur Limonov est très bon. Egalement un bon reportage sur les narcos. Le reste est plus faiblard.
Peut mieux faire.
Ecrit par : P/Z | lundi, 21 janvier 2008
J'ai reçu mon numéro d'Impur la semaine dernière.
Combien de photocopies ?
Ecrit par : dj zukry | jeudi, 24 janvier 2008
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