jeudi, 08 novembre 2007
dîner avec le baron
Comment devient-on l’entomologiste de son époque après en avoir été le propagandiste festif ? Il est probable que Patrice Bollon refuserait de livrer quelque explication là-dessus, ne se reconnaissant pas dans ce parcours hâtivement dressé. Et certes, la formule ne se soucie ni de nuances ni de complexité. Elle s’appuie cependant sur la singularité d’une histoire qui a vu ce journaliste culturel passer des pages de Libération et Globe Hebdo (et des moulures toc du Palace) à la parution de quelques livres indispensables pour qui veut se frayer un chemin de résistance sans le payer de colère et d’ironie. A l’heure où ses anciens camarades de plumes jappent devant des gamelles dorées, leurs vestes laissées dignement aux vestiaires après les avoir tant retournées, le baron demeure un pigiste rehaussant ça et là l’intérêt des dossiers que certains titres daignent lui confier.
Peut-être la rencontre de Cioran joua-t-elle beaucoup dans cet itinéraire intellectuel. Elle donna lieu en tout cas à une belle biographie intellectuelle dont le titre (Cioran, l’hérétique) débusquait, en opérant dans l’ombre, la mollesse des pensées orthodoxes contemporaines. Reste que la rencontre n’était pas de hasard et venait après une publication maniant déjà le paradoxe, Morale du masque, et où s’infiltrait le souci de rendre dignement justice à ce qui révulse les graves contempteurs blafards : la légèreté, l’ivresse et le maintien de soi par tout ce qui relève d’un apparent artifice. Avec son Manuel du contemporain, qui vient d’être publié aux éditions du Seuil, Bollon livre sa vraie nature de moraliste, qui est loin de celle d’un moralisateur. En une série de fragments d’au plus quelques pages, il tâte son époque comme un corps visqueux mais vivant. On ne trouvera nulle trace de réactionnite mordante dans ces lignes écrites avec beau style, mais l’empreinte que laisse le chasseur traquant les incohérences intellectuelles de l’époque sans jamais rêver d’un inaccessible passé. Bollon n’est pas Muray dont les vues ironiques ont pu plaire : il ne surplombe pas l’époque, ne la juge pas à la marge, mais la révèle de l’intérieur. Comme lui, il se montre avant tout écrivain.
Et bon camarade, quand il s’agit de s’interroger sur la manière de rester noble dans un monde ignoble.
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Commentaires
« emballer des petites connasses ? » ??!
Je me sens insultée !
Ecrit par : Gine††e | jeudi, 08 novembre 2007
Allons Ginette, entre nous ce n'était que de l'amour.
Ecrit par : Slothorp | jeudi, 08 novembre 2007
Ouais, mais j'vais péter un boulon quand même !
Ecrit par : Gine‡‡e | jeudi, 08 novembre 2007
Il a drôlement changé Strauss-Kahn !
Ecrit par : Monsieur Anonyme | mercredi, 14 novembre 2007
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