jeudi, 31 mai 2007
Musique, littérature et paprika
Avant de répondre tardivement au questionnaire qui a parcouru de nombreux blogs dans le voisinage, je lance un appel à DJ Zukry qui, outre ses talents d'écrivain absurde et énivré, officie dans le secteur de l'accompagnement musical pour malade en phase terminale. Ecrivant généralement au son d'une musique soigneusement choisie mais souvent décevante, je crois plus que jamais nécessaire la réalisation d'un album soutenant le processus d'écriture de bout en bout en baignant l'écrivain dans le ventre de la création. Une musique légèrement flottante et souffrant une lecture en boucle dont la répétition même permettrait la découverte de discrets mais indispensables détails après plusieurs écoutes, voilà mon idéal. Sachant que tous les citoyens de ce pays ayant reçu une instruction secondaire tripotent la nouille de l'écriture en rêvant du Contact (avec l'Ôtre, mon alien bien-aimé), je promets au dit album un succès immense et des royalties michaeljacksoniens pour son auteur.
Maintenant, afin d'écrire un billet à peu de frais et de soutenir un signal ténu en direction de mon fidèle lectorat, voici les réponses promises :
Les 2 livres de mon enfance (je ne me souviens de rien d'autre)
La mare au diable de Georges Sand
Langelot de Lieutenant X
Les 4 auteurs que je ne lirai plus jamais (à moins de gagner au loto et d'avoir tout mon temps)
HP Lovecraft
Boris Vian
Bataille
Maurice G une fusée à neutron Dantec (même en gagnant au loto)
Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore
Celine
Pynchon
Gracq
Dostoïevski
Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte
L'arc-en-ciel de la gravité de T. Pynchon
Le songe des héros de A. Bioy Casares
Le manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki
Ulysse de Joyce
Les 4 premiers livres de ma liste à lire (ils vont attendre, sachant que je suis sur le dernier Pynchon, qu'il fait mille pages et qu'il n'est pas traduit)
Etat d'exception de Giorgio Agamben
Accès de l'ésotérisme occidental (II) d'Antoine Faivre
Le chevalier, la femme et le prêtre de Georges Duby
L'homme-Plante de Julien Offray de la Mettrie
Les derniers mots d'un de mes livres préférés (je fais long, pour qu'on comprenne bien):
"Et c'est juste ici, sur cet écran obscur et silencieux, qu'est pointée la Fusée. Elle descend à quinze cents mètres par seconde, absolument et à jamais silencieuse, elle franchit ce dernier espace juste au-dessus du toit de ce vieux ciné, le dernier delta-t.
Vous avez le temps, si vous avez besoin de réconfort, de toucher la personne à côté de vous, ou bien de tendre la main vers vos propres cuisses glacées... Ou bien, s'il vous faut une chanson, en voici une qu'ils n'ont jamais apprise à personne, un hymne par William Slothrop, oublié depuis des siècles, introuvable, et que l'on chante sur l'un de ces aimables airs anciens. Voici :
Il existe une main qui retrouve le temps
Quand du sablier le dernier grain a coulé
Et que l'éclair qui abattit les Tours
Trouve enfin celle du pauvre Prétérit...
Déjà les cavalier s'endorment sur les routes
Au flanc des talus dans la Zone massacrée
Un visage apparaîtra au flanc de toutes
Les montagnes et dans les pierres une âme se crée
Et maintenant, tous en choeur..."
00:55 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
Lovecraft, j'y avais également pensé pour ceux que je ne relirai plus..C'est vraiment très grossier, dans le sens de dessiné à gros traits.
"Ulysse", il faut le relire tous les deux ans !
Pour la musique "Les variations Goldberg" c'es pas mal dans le genre
Ecrit par : Tlön | jeudi, 31 mai 2007
Mon bon Sauletorpe,
C’est bien d’homme de marketing de ton acabit dont je devrais prendre soin de m’entourer, et non de ces tâcherons minables (comme Juldé, radouL branK ou Nerf S. – tous parfaitement dégénérés et congénitalement médiocres). Plus que jamais il me faut m’adapter au marché, et me conformer à ses règles. J’ai voulu vivre à la frontière, en franc-tireur que je me rêvais être : je ne voulais pas manger de ce pain-là, mais la faim me tenaille le ventre.
Il y a quelques mois déjà, j’ai bien tenté de vendre mon concept de « musique d’attente téléphonique » - échec cuisant, bien entendu. Il me semblait pourtant qu’il était temps de révolutionner l’attente téléphonique ; et d’ailleurs, de manière générale, l’attente tout court et son cortège d’angoisse (cabinet dentaire, médical, ascenseur, hôpital, agonie, résultat du Bac devant Internet…).
Je vais donc réfléchir à ta proposition mais je souhaite aller plus loin que toi encore ; ce n’est pas à l’écrivain seul que je veux adresser mes sons, mais à toute personne en acte d’écriture : de celui qui remplit sa feuille d’impôt, à celle qui écrit une lettre de rupture à son père, de l’enfant qui recopie mille fois « Je ne dirai plus "sale PD" à Kevin », au journaliste qui est chargé d’écrire la nécrologie de J-C Brialy… A chaque situation, sa concrétisation musicale.
Encore une fois, je te remercie de te soucier de ma carrière, comme moi je me soucie de la tienne (Catherine Breillat ne te mérite pas !), et espère un jour, en retour, te servir comme j’ai servi la France pendant 10 mois.
A bientôt.
Ecrit par : dj zukry | jeudi, 31 mai 2007
Langelot? Dans mes bras homme de bien! J'ai oublié de le mettre dans mes propres livres majeurs d'enfance. Complètement occulté par les saletés d'Enid Blyton, alors que c'était excellent, la série du lieutenant X...
Je découvre Pynchon en ce moment, à la faveur des conseils de Transhumain et de la réédition au Seuil, et il ne va sans doute pas tarder à venir avec moi sur l'île déserte...
Cordialement,
Bruno
Ecrit par : Systar | samedi, 02 juin 2007
Langelot : rien que de bons souvenirs de lecture.
Ecrit par : Samuel | samedi, 02 juin 2007
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