dimanche, 01 avril 2007
Notes pour moi-même, et pour ceux qui s'intéressent aux notes pour moi-même
Novembre 1995. Je me lève depuis quelques jours à quatre heures du matin, marche de Belleville jusqu’au pont Charles de Gaulle où passe la navette militaire qui nous dépose trente kilomètres plus loin, sur la base de Taverny. Le soir, je quitte le service à 18 heures, grimpe à nouveau dans le bus qui, bloqué dans les embouteillages, ne rejoint Neuilly qu’à 21 heures. Je rentre chez moi à 22h30, ouvre une boîte de raviolis, me couche et dors quelques heures avant de recommencer. Dès le début des grèves, j’avais demandé à rester sur la base même, mais les places de lit manquaient. Ce petit jeu allait donc se poursuivre encore deux semaines, le temps pour quelques milliers de cheminots SNCF et RATP de faire plier le gouvernement. Entre-temps, la circulation était asphyxiée, la fatigue et la nervosité gagnaient des salariés usés par les conditions dans lesquelles ils se rendaient à leur travail, et le plaisir idiot de se retrouver à pieds dans les rues parisiennes avaient cédé la place à la lassitude. A cinq heures du matin, je croisais encore quelques noctambules perdus parmi des travailleurs du tertiaire exténués. Encore aujourd’hui, il suffit de prendre le métro à sept heures du matin pour savoir que les gens se lèvent tôt dans ce pays, même si les caméras de télévision ne s’attardent pas sur eux.
A la mi-décembre, Juppé pouvait remballer dans ses cartons son projet de modification des régimes spéciaux de retraite. Les manifestations n’avaient pas empêché la réforme plus que nécessaire de la sécurité sociale, mais quant à toucher aux bastions de centaines de milliers de fonctionnaires, toute la classe politique apprit ces semaines-là que le changement était simplement impossible. Les cheminots arguaient du fait qu’en défendant leurs retraites, ils défendaient la retraite de tous. Ils ne furent pourtant pas aussi efficaces quand le gouvernement Balladur modifia le nombre d’annuités et le mode de calcul des retraites du secteur privé en 1993, ni quand celui de Raffarin toucha enfin au régime du secteur public neuf ans plus tard. A ce jour, les cheminots continuent de bénéficier d’un privilège qui pèse lourdement sur les comptes publics, mais cette exception, faut-il croire, vaut pour le bien de tous.
Comme d’autres, j’en eus assez de ce féodalisme étatique dont on percevait mal l’intérêt à l’heure où le modèle français tant vanté montrait son épuisement. Je me pensais de gauche en 1995, je ne l’étais plus en 1996, fatigué par cette rhétorique égalitariste et progressiste qui n’aboutissait qu’à la paralysie des actions, et à la confection sur mesure d’opinions toutes faites, dressées comme des cerbères à l’entrée du débat public.
En abandonnant le costume passe-partout de l’individu moral soucieux de ses doses homéopathique de rébellion institutionnalisée, je découvrais la nécessité permanente d’avoir à me justifier de n’être pas de gauche, comme si je portais une maladie honteuse, dégoûtante et potentiellement contagieuse. Plus on m’opposait le chant lénifiant des vertus socialistes à ma méchanceté anarchisante, et plus je préférais radicaliser mes positions jusqu’à me rapprocher de quelques sympathiques pestiférés. Quitter la paisible position d’homme de gauche me rendait douteux aux yeux de certains dont l’attitude n’appelait pas la modération. Mes dégoûts n’avaient pourtant pas changé.
En avril 1999, je regardais les informations télévisées dans la chambre d’une pousada de Euclides Da Cunha, la sueur collée sur le torse, en songeant à cette jolie caboclo qui servait des pizzas dans le restaurant en bas. Le présentateur évoquait les bombardements de l’Otan sur le Kosovo en les qualifiant d’indignes. Je tombais d’accord avec lui, trouvant à mon tour honteuses ces attaques sur les infrastructures civiles qui visaient à faire pression non sur les militaires et des milices hors de tout contrôle, mais sur les électeurs. A mon retour en France, je découvrais une presse acharnée à expliquer que les Serbes étaient tous des nazis, délirant tranquillement sur des charniers de dizaines de milliers de morts dont on ne retrouva pas la trace, et tombant à bras raccourcis sur Regis Debray qui, dans l’extrême solitude de sa position, suscitait un peu de haine et beaucoup de pitié condescendante. Dans cet emballement médiatique sans contestation et dont personne, encore aujourd’hui, n’a voulu prendre l’exacte mesure, je voyais une bonne illustration de la manière avec laquelle la presse pouvait faire tourner le réel comme dans un manège enchanté, s’emportant sur des faits totalement inventés, caricaturant tout un peuple en hordes barbares pour mieux jouer les vierges assoiffées de sang et d’émotions. Les guerres font toujours de bons papiers, et je sais désormais que la leçon de Timisoara n’existera jamais que pour les historiens des idées. Quand les films d’horreur coupent tout commentaire critique pour laisser place à l’émotion la plus débondée, chaque rédaction devient un producteur de nanar sanguinolent.
En janvier 2001, quittant à pied l’hôtel particulier de l’avenue Victor Hugo où je travaillais, je tombais sur une manifestation improvisée sur les Champs-Elysées. Des drapeaux d’Israël flottaient au milieu d’une centaine de jeunes qui coupaient la circulation. Je sortais alors une camera de mon sac et commençais de les filmer. Très vite un groupe d’énervés m’entoura en hurlant que je devais faire partie de cette presse pro-palestinienne et anti-sémite qu’ils aborrhaient. L’un d’eux me cracha dessus, et je pus éviter le tabassage qui m’était promis grâce à l’intervention d’un couple de gens plus âgés. Discutant avec la femme de ce charmant couple, j’appris que nous (les Français goys j’imagine) devions nous méfier des arabes, car quand ils seraient aussi nombreux qu’en Israël… Elle ne précisa pas la fin de sa phrase. Ce soir-là, je compris que l’image qu’il me restait d’une France universelle, républicaine et laïque était un écran de fumée que les élites tentaient de préserver dans l’opinion collective, en s’efforçant d’y croire elle-même. A force de répéter cette ineptie que tous nos ancêtres n’étaient pas gaulois, persuadés de rétablir une vérité historique quand on ne faisait que détruire un imaginaire commun, la voie était ouverte pour faire prospérer des sentiments d’appartenance hétérogène ancrés dans des ailleurs de sables et de poussières forcément idéalisés. Ainsi, faute d’avoir pu être une mystique, la France devenait une mystification.
Pendant ces années, le gouvernement Jospin utilisait les fruits de la croissance tant attendue pour réformer la durée du temps de travail. Des régimes de retraite, il n’en fut pas question. Cette nouvelle gauche de gouvernement dont on avait pu croire un moment au pragmatisme se révélait donc lâche et lestée de relents idéologiques anciens. Mais comme elle avait peur d’elle-même, le premier ministre, candidat aux élections présidentielles, assurait l’électorat que son programme n’était pas socialiste. Les ouvriers n’avaient donc plus l’air d’exister, abandonnés entre les mains d’un bateleur borgne de la Troisième République. A gauche, il n’y en avait plus que pour la petite bourgeoisie tertiarisée. Pendant ce temps, un ami ne cessait pas de me parler de ce gouvernement « socialo-communiste ». La droite était toujours ce champ de dinosaures qui occupait mon imaginaire d’enfant quand j’allais chercher Le Figaro dans la boîte aux lettres de mon grand-père. Les idéologues régnaient partout. J’avais pourtant le sentiment que l’étau intellectuel se desserrait un peu et que les pires années de cette propagande humaniste chic et victimaire se trouvaient désormais derrière nous. En lisant la biographie de Pierre Milza consacrée à Mussolini, on trouvait un ton modéré et pédagogue pour expliquer que l’expérience fasciste était loin du néant nazi. Je croyais au retour de la nuance dans le débat public. Je me trompais.
Le 21 avril 2002, je recevais un coup de fil à 19 heures qui m’avertissait que Le Pen était au second tour. J’appelais les amis que je devais rejoindre au cours de la soirée électorale pour leur transmettre l’information. Ils crurent à une blague de ma part. Quand j’arrivais à 19h55, ils commençaient à comprendre au vu des réactions des journalistes. Quelque chose s’était bien passée ce jour-là, et une joie mauvaise s’empara de moi quand l’annonce fut officielle. Les tables, enfin, étaient renversées, les cadres politiques allaient devoir se remettre en question et les élites avouer leur faillite. J’étais naïf, c'est-à-dire encore trop démocrate. Dans les jours qui suivirent, je me retrouvais bombardé de courriels appelant à une insurrection électorale et à ma participation à la manifestation « républicaine » qui s’annonçait. Je ne répondais pas, puis finalement adressais ces seuls mots : « merci de me sortir de votre liste de belles âmes ». Dans les bars que je fréquentais, des inconnus s’adressaient à moi comme si nous étions tous d’accord pour nous insurger contre la qualification de Le Pen au second tour. Dès que je leur expliquais que je ne votais pas, et que je ne voulais pas le faire, ces types qui, l’instant d’avant, étaient prêts à me payer des verres, commençaient à s’énerver. Un soir de l’entre-deux tours, j’ai éteint ma télé et je ne suis plus sorti de chez moi pendant une semaine. Pour moi, le fascisme, c’ était une foule d’un millions de moutons serrés place de la République et qui beuglaient des slogans idiots, c’était la pression de la rue contre un choix électoral, c’était une élection de carnaval qui reconduisait à 80% un type incompétent à la tête du pays. Les grands démocrates se révélaient aussi cons que des fascistes moyens : tous ensembles, à battre le pavé d’un même pas, comme si cela pouvait les protéger d’avoir à réfléchir tout seul dans leur coin. Finalement, ces élections présidentielles ne montrèrent qu’une chose, et on devait à Medhi Belhaj Kacem de l’avoir formulée de la manière la plus tranchante possible : Le Pen n’a jamais été que l’adjuvant qui alimentait le système pour lui éviter d’imploser. Epouvantail de foire, il restera comme le Grand méchant loup de la fable qui a permis de garder les enfants à la maison tout en procurant quelques frissons onanistes aux deux trois prépubères d’extrême droite se branlant sur des images d’Epinal. Ainsi, tout le monde y trouvait son compte, et le pays pouvait continuer de s’enterrer dans des débats dépassés, faute d’avoir des élites courageuses.
En juillet 2002, lisant El Mercurio dans un bar de Punta Arenas, je découvrais avec incrédulité l’envie d’en découdre en Irak de l’administration américaine. J’imaginais passer quelques mois à Port Williams et oubliais bien vite cette information farfelue. En janvier 2003, je me retrouvais à Paris dans une manifestation contre l’intervention américaine où quelques uns alignaient les couleurs du Hezbolla : la France était de plus en plus drôle, mais je m’en fichais, j’étais désormais européen, persuadé qu’il fallait liquider ce pays, et ses élites, et ses corporatismes.
Après un passage éclair aux Finances qui ne lui laissa pas le temps de montrer l’étendue de ses incompétences, pourtant bien aguerries pendant qu’il s’occupait du Budget sous Balladur, Sarkozy revenait à l’Intérieur pour karcheriser (ouais, c’est facile, mais que voulez-vous, ce type est une caricature sur talonnettes) ses concurrents politiques en contrôlant les renseignements généraux. Les associations à but humaniste ne voyaient qu’une seule chose : on avait oser démanteler un squatt où vivaient des familles immigrées, dont certaines en situations irrégulières. Bien vite, nos amis du show-bise prenaient sur leur image consensuelle pour se faire les avocats de ces victimes universelles. Ensuite ce serait les enfants de clandestins. Bref, la loi ne valait plus un pet de singe dès lors qu’on touchait à un cheveu d’immigré. Face à une France dont il faut reconnaître que la législation en matière d’immigration est une des plus répressive d’Europe, face à une mentalité de petit boutiquiers cocardiers infusée de légères senteurs xénophobes, cette xénophobie latente qui nous fait dire que Paris est la plus belle ville du monde, que nous sommes un pays de montagnes et de mers, que le modèle français est donc le meilleur du monde et la bouffe des autres pays définitivement dégueulasse, nos humanistes toc et paillettes ne connaissent que le fantasme de l’Immigré majuscule, dépossédé de toute individualité, de toute incarnation et de toute présence au profit de cette seule image de victime éclatante sur laquelle il peuvent épancher leur chagrin bourgeois. Au fond, ils ne les aiment ni ne les connaissent, mais défendent leur propre image de héros, et sont donc tout aussi xénophobes que les racistes qu’ils croient voir partout. C’est d’ailleurs un trait des sociétés contemporaines que de voir s’affronter la Loi, aveugle par nature à toute individuation, et son pendant, ce mouvement civil qui ne fait qu’inventer des victimes sans nom et sans odeur toutes autant désingularisées.
Et c’est cela qui revient à mesure que s’approchent les échéances électorales : cette incapacité à sortir des spectres idéologiques préfabriqués qui font que l’on se doit de prendre position dans un débat faussé d’avance. Comme cette fille de 25 ans qui, pour nous expliquer son départ précipité d’une soirée, vient nous seriner qu’il y a trop de gens de droite et qu’elle a le droit de rêver d’autres choses… Toujours les vieilles lunes, à n’en jamais finir. Et la droite qui bande pour Sarkozy persuadée de tenir là un sauveur sur le modèle Thatcher quand bien même le type ne fait que du marketing électoral depuis deux ans. Après l’identité nationale, les émeutes qui reviennent sur le tapis. Bon sang, alors que tout devrait être simple : un type fraude, on lui fait payer une amende. Il frappe, on l’embarque au poste. Il se fait tabasser sans raison, il porte plainte, les policiers doivent êtres jugés. Mais non, tout de suite le sujet prend des proportions irréelles, comme dans ce texte qu’on sait d’avance mauvais puisque sous-tendu par une bêtise conceptuelle. L’autorité ne relève pas du contractualisme. C’est une reconnaissance mais pas un pacte. Elle existait préalablement à celui qui s’y soumet, même si elle ne s’actualise qu’avec lui. Il n’y a pas d’égalité de position quand s’installe une position d’autorité, elle s’appuie dans le temps, sur l’expérience du passé et sur la foi dans l’avenir. Une autorité ne tient que dans ces deux termes : la confiance dans l’expérience de celui à qui on se soumet, ainsi que dans sa capacité à nous lancer dans l’avenir. Malheureusement, nous ne vivons plus que dans un présent statique, avides de gratifications immédiates, en perpétuelle recherche de satisfactions provisoires qui ne font qu’augmenter notre impatience et notre frustration. Ce présent ne passe plus et finit par devenir notre torture. C’est l’âge capitaliste qui veut cela, et Sarkozy n’y est pour rien. Ou alors pas plus que Royal et Bayrou. Cette élection, comme les précédentes, sera donc de la poudre aux yeux.
Voilà, j’ai eu un an de plus aujourd’hui, et rien n’a changé. Etonnant, non ?
Commentaires
Brillant et touchant : authentiquement « gagnant-gagnant » — merci à mon maître D. Panerai pour les rimes.
Pour autant, ce désenchantement tranquille que je partage, mais de façon moins tragique, ne doit pas te faire oublier de faire barrage à la gauche.
Ecrit par : sk†ns | lundi, 02 avril 2007
Le vote de rejet, en somme. Le seul envisageable depuis que je suis en âge de voter. Ben non, j'en ai toujours pas envie de ce pis-aller. je ne veux tout simplement pas de mon droit de vote (du moins aux présidentielles).
Ecrit par : Slothorp | lundi, 02 avril 2007
La France qui bande ENCORE votera pour SEGOLENE ROYAL !
Ecrit par : monsieur anonyme | lundi, 02 avril 2007
Intéressant parcours... Sans avoir suivi le même itinéraire, je me retrouve un peu dans ta position désabusée, ayant moi aussi fait le deuil d'un certain idéalisme et de ses vains discours... Cependant, aussi douteuse, aussi frelatée que paraisse notre pauvre démocratie et ses thuriféraires, refuser le droit de vote revient à laisser venir un système qui ne se donne même plus la peine de consulter la population : je sais bien qu'on n'en est peut-être pas si loin, mais est-ce vraiment ce que tu souhaites ?
PS : le nom du candidat aux talonnettes s'écrit avec un z...
Ecrit par : Damien | lundi, 02 avril 2007
Lettre de Jean Paulhan à Etiemble du 8 mars 1939
...toutes mes préférences politiques iraient à un roi absolu que l'on choisirait le 1er janvier par tirage au sort pour le mettre solennellement à mort le 31 décembre. Je crains qu'elle (cette solution) ne soit difficile à faire passer. A défaut d'elle connaissez-vous ce mot de Chesterton : "Le despotisme héréditaire est dans son essence démocratique. S'il ne proclame pas que tous les hommes peuvent à la fois gouverner, il proclame ce qu'il y a de plus démocratique aussitôt après, c'est que n'importe qui peut gouverner.
En tout cas, tout plutôt qu'un dictateur élu (et élu inévitablement pour ses qualités, etc.)
Ecrit par : Maurice Duverger | lundi, 02 avril 2007
Merci pour le Z (Zorro?), c'est corrigé. Sur la démocratie, je précise que c'est principalement le suffrage universel aux éléctions présidentielles qui me pose problème, même si je reconnais que je ne me fais pas un dogme de ce système politique. Est-il vraiment le meilleur de tous ? Vaut-il pour n'importe quel état de la société ? Je n'en suis pas certain, et le doute est d'autant plus grand quand nous vivons comme aujourd'hui dans une démocratie d'opinions où les projets politiques sont entièrement définis par le marketing éléctoral.
Ecrit par : Slothorp | lundi, 02 avril 2007
Texte très intéressant. Tocqueville l'avait compris il y a plus de cent soixante ans la démocratie tend au nivellement des conditions et aussi au conformisme culturel donc à terme à la mort de la pensée, l'égalité étant un dogme absolu se réalisant aux dépends de la liberté.
La république s'étant fondée en France sur la double mort de Dieu et du roi elle est un régime ontologiquement nihiliste.
Ecrit par : Samuel | lundi, 02 avril 2007
Tiens, j'ai aussi eu un an de plus ce jour-là.
Ecrit par : Anaximandrake | mardi, 03 avril 2007
Oui, c'est étonnant cette substitution, j'ai pensé que c'était fait exprès.
Analyse :
Z = dernière lettre de l'alphabet = mort. Peur de la mort = refoulement du Z.
Z = Zorro ; ZZ = Zidane ; ZZ Top : l'art total. D'un côté le justicier, de l'autre le fautif, l'aboslu, enfin.
Comme en politique, refus de l'alternative, pas de parti pris. Proscription du Z, donc.
Par homophonie, utilisation du S (Sarko-ci, Sarko-là). S = plus doux que Z. Choix implicte qui se porterait ainsi sur Nicolas Sarkozy. Par extension, pour éviter le "zi", doublement du S = SS.
SarkoSSY.
C'est pas faSSile, d'autant que je suis KKKollabo à présent !
Ecrit par : sk†ns | mardi, 03 avril 2007
Et joyeux anniversaire les bisounours !
'Tain, j'ai même pas été invité à vos boums !
Ecrit par : sk†ns | mardi, 03 avril 2007
Y'en a pas eu (enfin pour ce qui me concerne, mais peut être que chez le camarade Anaximandrake, ils sont allés faire un Banquet dans les jardins de Colonne). De toutes façons, t'es un salaud historique, bouh.
Ecrit par : Slothorp | mardi, 03 avril 2007
On sent l'excitation monter chez l'ami sk†ns, notre petit ours brun qui va bientôt mêler sa voix à toutes les autres, c'est-à-dire reconnaître dans la joie qu'elle ne vaut pas plus que n'importe laquelle. Et qu'il se rassure, il n'y eu pas eu non plus de birthday party organisée dont il aurait pu être exclu, s'il avait été overseas (ce que j'aurais toutefois apprécié, connaissant son goût extrême pour les desserts).
Plus sérieusement, il est symptomatique de nos temps que le prochain raout électoral ne puisse conduire - c'est inédit - qu'à la désignation non pas d'une figure du maître, mais de celle de l'hystérique, qu'elle soit mâle ou femelle. Ce qui pourrait être inquiétant si l'on en croit la théorie des cycles des régimes politiques chez Platon et Aristote. Ce serait pourtant avoir peur de son ombre car il me semble que ceci indique simplement que la représentation n'est définitivement plus que spectaculaire, et, apparemment, pour certains - qui sont nombreux -, pleinement cathartique. Ce qui est rassurant pour l'ordre tel qu'il est, et le monde, tel qu'il va.
Ecrit par : Anaximandrake | mardi, 03 avril 2007
Vous critiquez ceux qui s'apprêtent à voter mais quel moyen supérieur proposez-vous, M. Anaximandrake ? La monarchie ? Les conseils ouvriers ?
Par ailleurs, la représentation politique a toujours été "spectaculaire" (au sens de Debord), parce que le propre d’une représentation c’est d’être séparée de ses électeurs.
Ecrit par : Sébastien | mardi, 03 avril 2007
Que la 'représentation politique' ait toujours été ' "spectaculaire" ', c'est un truisme, puisque celle-ci vise à l'exercice d'un pouvoir (Cf. Louis Marin, en particulier). En revanche, qu'elle ne soit plus que cela, comme je l'affirme, cela n'a pas toujours été le cas. On assiste en effet actuellement à la généralisation de la figure et du discours de l'hystérique (Cf. Jacques Lacan), jusques (et y compris) à la droite dite 'classique', ce qui, en soi, est un petit événement, et manifeste la grande stabilité de l'ordre politique stricto sensu, qui s'est en réalité affranchi de ces contingences électorales.
Je ne 'critique' pas les futurs votants, je ne fais que constater qu'ils sont authentiquement démocrates, c'est-à-dire qu'ils ne font en fait qu'affirmer que leur voix vaut celle de leur voisin. Simplement, je ne partage pas cette foi, tout en tolérant ce culte.
A vous, M. Sébastien, je ne propose rien, puisqu'il semble bien que ce ne soit qu'un suffrage que vous ayez à exprimer.
Ecrit par : Anaximandrake | mardi, 03 avril 2007
Amusant comme la critique du régime démocratique soulève systématiquement la même demande de refondation du système politique. Il existe aussi cette variante qui voudrait n'autoriser la parole qu'à ceux qui glissent un bulletin dans l'urne. Considérant ma très grande prétention et le fait que mon vote vaut celui de Loana, je préfère ne pas déléguer ma souveraineté. Ca ne fait pas de moi pour autant un constitutionnaliste.
Bon, je vais de ce pas m'efforcer de comprendre cette idée de l'hystérique. Anaximandraque, à quel travail m'obliges-tu !
Ecrit par : Slothorp | mardi, 03 avril 2007
Je dirais sobrement que jouer le jeu de la démocratie n'est qu'un jeu, parmi d'autres.
Faut se faire des sensations, quoi !
Ecrit par : sk†ns | mardi, 03 avril 2007
Si j’ai bien compris, vous êtes dans la position de l’analyste, qui a la nostalgie du discours du Maître. Je ne crois pas à une généralisation du discours de l’hystérique, sauf à gauche peut-être. Je crois que cette campagne inaugure un retour (timide) au réel, dans la mesure où les idées d’extrême droite se banalisent. Or, « le seul discours politique en France, aujourd'hui, est celui de Le Pen » (Baudrillard). Et nul mieux que lui incarne la figure du Maître, telle que la concevait Lacan.
Ecrit par : Sébastien | mardi, 03 avril 2007
Vous avez mal compris, M. Sébastien, très mal. Toutefois, voir, comme le faites, dans un constat une nostalgie, c'est certainement une affirmation à interpréter psychanalytiquement. Et quant à cette grande folle de Le Pen, son discours est tout sauf un discours de maîtrise. Cet épouvantail est l'archétype de l'hystérique, c'est-à-dire qu'il se caractérise par une attitude non pas positionnelle, mais oppositionnelle. Il est le plus sûr garant du système ou de 'l'établissement', c'est-à-dire qu'il lui fournit à bon compte l'intérisation de son extériorité. Pas de retour au réel mais de sa représentation. Mais, bref, cette instrumentalisation est de notoriété publique. Le réel de la démocratie, c'est bien cette représentation de type spectaculaire, pur simulacre (si vous voulez vraiment baudrillardiser), auxiliaire secondaire et variable d'un pouvoir politique en acte, qui, lui, n'est pas démocratique. Non, c'est la démocratie qui sépare du réel politique, en octroyant un imaginaire adéquat au narcissisme ignare du petit blanc en quête d'identité, c'est-à-dire de sens. Encore de l'hystérie, donc. Ce qui est universel dans le capitalisme, c'est le marché, pas la démocratie. Trêve de naïveté, voyons.
Le jeu démocratique, sk†ns, n'est-ce pas l'élection mis à portée des enfants ?
Ecrit par : Anaximandrake | mardi, 03 avril 2007
intérisation = intériorisation.
Ecrit par : Anaximandrake | mardi, 03 avril 2007
Disons, que comme on est plus ou moins amenés à jouer dans la même cour (travail, transports en commun, supermarchés, stade de foot), autant choisir ses "copains".
Ecrit par : sk†ns | mardi, 03 avril 2007
"Amusant comme la critique du régime démocratique soulève systématiquement la même demande de refondation du système politique"
Ne jamais critiquer un moyen sans proposer un moyen supérieur (Clausewitz). A moins d’être un nihiliste.
Votre texte est intéressant, M. Slothorp. Mais un peu trop désabusé à mon goût. Je parie que vous avez plus de trente ans.
Ecrit par : Sébastien | mercredi, 04 avril 2007
Les grand-pères chinois ayant 57 ans, les jeunes de banlieue 32 ans, pourquoi les désabusés auraient ils plus de 30 ans ?
Ecrit par : Tlön | mercredi, 04 avril 2007
Démocratie= espace touristique et publicitaire.
http://www.panorama-cities.net/berlin/berlin.html
Démo(no)cratie= espace cinématographique de péplum.
http://www.dataphone.se/~ms/speer/1-12.htm
Ecrit par : Ironie. | mercredi, 04 avril 2007
Vous êtes décidément un bien mauvais lecteur, M. Sébastien. En effet, ce qui est typique de l'époque, c'est justement de penser que c'est à vous que l'on devrait proposer 'un moyen supérieur'. Ce qui ne signifie nullement qu'il n'existe pas un tel moyen, qu'il ne soit pas connu, et qu'on ne puisse pas le mettre en oeuvre. Et puis, soulignons - requisit minimal (Clausewitz ne me contredirait pas) - que l'on n'est jamais trop désabusé, c'est-à-dire lucide.
Crois-tu vraiment, sk†ns, que c'est ton prochain choix électoral - étant admis qu'il soit majoritaire - qui produira une différence significative quant aux choix de tes 'copains'; ou plutôt au non-choix de tes non-copains ? (Cf. les statistiques comparatives passées, i.e. ce qui a lieu post votum - même donc étant admis que les politiques proposées puissent avoir une efficacité quelconque). Ne t'éprouves-tu pas comme un coeur de cible (dans un marché électoral, je veux dire) ? Il est étrange que fonctionne ce fantasme de l'auto-gestion (ne serait-ce que par la désignation de 'représentants') à l'échelle d'une population de 60 millions, alors qu'il est désuet même à l'échelle d'une PME. Le démocratisme est vraiment un religiogisme miraculationniste.
Ecrit par : Anaximandrake | mercredi, 04 avril 2007
« Les réactionnaires voudraient épargner à l'humanité les déchirements et les fatigues de l'espoir, les affres d'une quête illusoire. » (Cioran)
Ecrit par : sk†ns | mercredi, 04 avril 2007
Ce qui sépare l'action de la réaction - qui s'entendent toutefois avec Spinoza pour laisser l'espoir dans la boîte de Pandore, et l'illusion aux masses - c'est sans doute le goût de l'effort. Car si l'action(naire ?!) veut en effet 'épargner à l'humanité les déchirements et les fatigues de l'espoir, les affres d'une quête illusoire', c'est parce que ce sont des espérances et des illusions, mais non pas, contrairement à la réaction, parce qu'il s'agit de déchirements et de fatigues.
Ecrit par : Anaximandrake | mercredi, 04 avril 2007
"Vomicléon : Pardi, c'est que tu t'es habitué à trouver du plaisir à ces affaires-là."
Aristophane, les Guêpes.
La campagne des Poupées, ou la grosse farce démocratique.
Joyeux non-anniversaire, Slothorp et Anaximandrake !
Ecrit par : Alina | mercredi, 04 avril 2007
Il est bien ton anniversaire Slothorp, mais ça manque un peu de Banga. Dis-moi, ta mère ne devait-elle pas nous préparer un gâteau au chocolat ?
J'attends avec impatience le moment où Anaximandrake, sk†ns et Sébastien danseront la Chenille ensemble. Par contre, qui invitera Alina pendant le quart d'heure américain ?
Ecrit par : monsieur anonyme | mercredi, 04 avril 2007
Une idée de cadeau ?
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/245408.FR.php
Ecrit par : Tlön | mercredi, 04 avril 2007
J'aime bien le titre de ce livre : "ceux qui ne préfèrent pas". Ponce Pilate n'aurait pas mieux dit. On sait d'ores et déjà que 'pop philosophie' est synonyme de dérobade. Une fois, en 2002, certains déclaraient avec fracas vouloir passer à la clandestinité et ils n'en ont rien fait.
http://frkc.free.fr/revuec/kacem.htm
Ecrit par : Sébastien | mercredi, 04 avril 2007
C'est marrant parce que j'avais lu "ceux qui préfèrent ne pas" qui avait un coté Bartleby qui m'était sympthique ; j'avoue être déçu. Par ailleurs MBK est un escroc)
Ecrit par : Tlön | mercredi, 04 avril 2007
Et certes pas même un 'grand escroc'. Quant à 'Ponce Pilate' (franchement, M. Sébastien...), lui, c'est à la foule qu'il a décidé de poser la question et a laissé le choix ; et c'est le petit qu'elle a choisi.
Ecrit par : Anaximandrake | mercredi, 04 avril 2007
Evidemment, on se fout un peu du personnage MBK et de la plupart de ses saucissonneries d'Hercule autodidacte, mais j'adhère à son texte sur la démocratie tel que publié après le 21 avril 2002. Il fut bien le seul à publiquement remettre en place cette pantalonnade éléctorale sur son fauteuil de paille.
Permettez que je retourne au travail (où l'on résout l'équation visant à divertir les masses en même temps qu'interpeller les cinéphiles, ce qui revient au même quand on travaille avec des marques) , vous laissant la maison libre pour mettre à bas la démocratie, ou la défendre selon l'état de ses rêves.
Ecrit par : Slothorp | jeudi, 05 avril 2007
En effet, c'est plutôt la cohérence globale de l'entreprise de MBK qui semble douteuse.
Quoi qu'il en soit, merci pour le local.
Ecrit par : Anaximandrake | jeudi, 05 avril 2007
Bonjour.
Je n'ai pas lu Baudrillard, pas plus que je n'ai lu Tocqueville, Clausewitz, Cioran, Lacan ou Debord. A peine quelques extraits choisis pour mon bacho, Gaston Lagaffe et quelques billets de Slothorp, qui me donnent, quand j'arrive jusqu'au bout, l'impression d'être intelligent (même si je préfère le site de la bobo parisisenne, c'est quand même moins compliqué)... Je suis donc - a priori -, plutôt mal barré ici. Mais tout de même : moi, je trouve ça très beau, l'idée comme quoi bientôt, la quasi-totalité d'un peuple, fait d'augustes vieillards, d'hommes et de femmes dans la force de l'âge et de tendrons jolis, ira, dans un MEME élan allant de Cherbourg à Marseille, en passant par Saint-Leu-la-Forêt, glisser dans l'urne une enveloppe renfermant ce MEME bulletin tirant sur le crème arborant les lettres : N I C O L A S S A R K O Z Y... Fabuleux, non ?...
Ecrit par : impression soleil couchant | mardi, 10 avril 2007
Moi, ça me donnerait plutôt envie de sortir ma pétoire...
Ecrit par : flingue ton voisin | mercredi, 11 avril 2007
quand je lis ton texte Slothorp, j'ai envie d'être d'accord avec toi, mais vient inéitablement le "et après?"; non pas qu'il faille proposer quelque chose, mais je ne suis pas certain de trouver ton texte si "lucide"...plutôt le sentiment que tu vis déjà un peu dans le passé et que le présent ne ressemble plus exactement à ce que tu décris; il m'a toujours semblé que les états désabusés et la lucidité ne faisaient pas bon ménage, je ne saurais dire pourquoi, c'est davantage un sentiment; peut-être parce que quand on atteint un réel degré de lucidité on agit, concrètement, rationnellement, en étant détaché des ressentiments et autres états de désespoir; là bon j'y vois un côté tour d'ivoire ou pour le dire autrement j'ai le sentiment que tu es à mille plieds au dessus du sol (et tu sais bien qu'à cette hauteur on ne voit pas très bien les détails, difficile d'être lucide dans ces cas là, non?); et puis je crois que lorsqu'on vieilli, les choses que les plus jeunes défendent ont toujours l'air de vieille lunes, je me méfie comme de la peste de ces jugements "philosophiques" sur le monde; disons que tu as choisi la tristesse pour tuer ce que tu as été (un homme de gauche) tandis que Skoteinos a choisi la violence (peut-être même l'hystérie) pour tuer ce qu'il a été (un homme de gauche)...
Ecrit par : jean-sébastien | mercredi, 11 avril 2007
"Dans la tristesse infinie des journées
Les comptables se livrent à des calculs précis
Ajournant à demain la vague satiété
De connaître sur terre des moments de folie..."
Ecrit par : citator | mercredi, 11 avril 2007
Votez Bayrou !
Ecrit par : espoir avenir force Francedaprès changement idéesneuves renouveau | mercredi, 11 avril 2007
Au départ, j'avais eu envie de laisser mon petit commentaire insipide sur cette note, sur le fait que l'on se sentait moins seul en lisant tes notes pour toi-même. Puis je ne l'ai pas fait, un moment de lucidité justement.
Toujours est-il que j'ai bien envie d’intervenir quand même après Jean-Christophe. Le propre de la lucidité est d'être désenchantée. Et si ce raisonnement paraît philosophique, c'est parce qu'il est mathématique.
Nul besoin d'avoir passé l'arme à droite pour perdre sa qualité d'être humain, pensant, rationnel et bienveillant. Dès lors que l'on fait mine de refuser cette mascarade, c'est le procès d'intention, le pilori, l'aigreur -évidemment-, la puérilité nous animent et non la raison.
Or cette incohérence est un constat, triste et lucide, sans même parler de cette terreur incompréhensible face aux monstres sanguinaires que sont les gens de droite, salauds de riches. Et ne va pas croire Jean-Christophe qu'il soit agréable de s'y vautrer, comme l’ado joue au héros seul et fourbu ; cette solitude sociale elle est belle que sur le papier. Quand tes propres amis, ceux qui te connaissent, te somment de prouver que t’es une fille bien ou un chic type, de te créer une façade artificielle comme on s’en gave à longueurs d’années et de Téléthons, c’est tout qui s’écroule justement et impossible de faire marche arrière, on a vu les ficelles et la peinture défraîchie du décor, c’est trop tard.
(mon commentaire est un poil lyrique, difficile de dire les choses autrement, j'espère que ça ne mettra pas en doute la crédibilité du fond)
Ecrit par : pimpeleu | mercredi, 11 avril 2007
Je comprends bien le sens du commentaire de Jean-Sébastien, et j'attends avec imaptience la réponse de Slothorp, mais je me demande aussi (c'est en tout cas "ma" position), s'il n'y a pas aussi une grande tristesse à ne pouvoir être aujourd'hui "un homme de gauche" quand on voit ce que sont (devenus) les hommes de gauche....
Exaspéré par l'inconséquence de la gauche qui festoie, atterré par la vulgarité de la droite qui guerroie, il y a de quoi être triste, je pense.
Ecrit par : Ludovic | mercredi, 11 avril 2007
pimpeuleu > mon nom c'est Jean-Sébastien (mais ce n'est pas grave); ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit, je n'ai jamais dit que les gens de droite étaient des salauds! (Sarkozy, s'il faut ne nommer, et notre hôte ne le porte d'ailleurs pas dans son coeur, est au delà de la droite ou de la gauche, disons que ce n'est pas le problème avec lui, je pense que c'est un malade mais ça n'engage que moi)...après tout que dans un espace démocratique il y ait des gens de droite et d'autre de gauche (disons dans la mesure ou ce clivage bi partite a un sens), cela me semble tout à fait normal...
maintenant, j'en ai un peu assez de cette parano des gens de droite qui pense que c'est vraiment dur de faire leur coming out parce que y a plein de méchants gauchistes tout autour d'eux qui les somment de ne pas se convertir (si j'ai bien compris ce que vous dites et ce que dit notre hôte également), n'oubliez pas que nous vivons dans un pays majoritairement de droite (même Ségolène...), avec des idéaux et des thèmes de droite, alors j'aimerai bien savoir où se cache ces méchants gauchistes qui vous cernent de partout, tapis dans l'ombre, personnellement je ne les vois pas, cette capacité à s'inventer des ennemis inexistants est assez insupportable...
Quant à la question du désenchantement, je dirais, en tatonnant, que le désenchantement est en effet consubstanciel d'une sorte de prise de conscience, de lucidité (un désenchantement qui naîtrait de la lucidité), mais qu'ensuite, une fois la lucidité acquise dans ce désenchantement, elle se fige et il ne reste plus que le désenchantement (pour ne pas dire une névrose de désespoir), et c'est un peu l'impression que le billet de notre hôte me donne, un désenchantement littéralement improductif, inhibant, qui nous amène vers la mélancolie et le repli sur soi, mais certainement pas vers la lucidité (qui, comme le monde change, devrait elle aussi changer...)
Je ne suis pas certain que mon point de vue soit très clair, bref...
(sinon je partage assez le point de vue de Ludovic sur l'inconséquence de la gauche - mais j'avoue, un peu lâchement, faire avec - et la vulgarité guerrière de la droite - avec laquelle je n'ai aucun, mais alors aucun atome crochu...)
Ecrit par : jean-sébastien | jeudi, 12 avril 2007
A-t-on jamais vu un candidat proposant la "continuité, l'intériorisation, le statisme, la contemplation" ?... Cette campagne est d'un manque d'originalité confondant.
Sinon, Slothorp ne nous répondra pas de sitôt : il est affairé à tourner des spots de pub.
Ecrit par : Grosse Fatigue | jeudi, 12 avril 2007
J'ai vu était question de vendre des vélo-cross de marque "MBK". Je serais intéressé d'en acquérir un pour mon petit-fils de 6 ans 1/2. Vos modèles possèdent-ils un siège réglable et (ce serait appréciable) un garde-boue ?
Merci d'avance,
Robert.Bignemolle@club-mamadoo.fr
Ecrit par : Robert | jeudi, 12 avril 2007
Mes excuses Jean-Sébastien, pour le prénom. Et euh... non, je ne vous faisais rien dire de tel, mon commentaire ne se rapportait à vos propos qu'en ce qui concerne la lucidité.
Pour ma part je ne suis pas de droite, plutôt à tendance gauchiste. Le seul fait d'évoquer mon choix électoral pour les présiendtielles (vote blanc aux deux tours), m'a valu des attaques ad hominem sans le moindre argumentaire rationnel. Mais bref, peu importe, je ne sais pas ce qu'il en est de la paranoïa des gens de droite, parce que j'en connais très peu, toujours est-il que beaucoup de gens se disent de gauche et s'auto-censurent en permanence.
Concernant le désenchantement, je disais ce raisonnement mathématique parce que de fait, ne plus être sous enchantement est un état de lucidité. Et si j'ai l'impression d'avoir compris moi aussi vos propos et leur nuance, cette sorte de philosophie grecque : la lucidité, le recul, la raison qui s'accompagnerait forcément de quiétude, je ne la partage pas. on peut être lucide, raisonner avec distance, et pour autant avoir envie d'exprimer des choses, ou d'agir avec sentiment.
Pas facile en effet d'être clair sur ces questions là, pas facile pour moi non plus, en tous cas j'espère que vous avez compris que je ne m'en prenais pas à vous dans mon commentaire.
Ecrit par : pimpeleu | jeudi, 12 avril 2007
Ah oui, puis j'oubliais de parler de cette tripotée de gens de gauche, proches du peuple qui dans les faits méprisent profondément cette population. Exemple typique du cadre gauchiste, droit de l'hommiste, du genre qui a donné de sa personne dans des ONG au bout du monde, et traitent le petit personnel avec un mépris écoeurant. J'en connais personnellement. Faire le bien n'est pas jouer les chevaliers au grand coeur, faire ses B-A, si possible devant témoin pour prouver que l'on est quelqu'un de bien et agir à l'inverse au quotidien. On vit dans un monde ou faire le bien est une esthétique et non une éthique, et ça, pas besoin de le mettre sur le compte des épouvantails, le Pen et autre nabot à talonnettes.
Ecrit par : pimpeleu | jeudi, 12 avril 2007
"On vit dans un monde ou faire le bien est une esthétique et non une éthique" : on ne saurais mieux résumer l'hypocrisie de certains "gauchistes" en effet, je crois comme vous que tout commence dans le quotidien, dans le comportement que l'on a avec les gens qui vous entourent (sinon les grandes idées ne servent à rien en effet)...
sinon, sur la lucidité, je dois avouer que je suis moi même un peu désenchanté (comment ne pas l'être?) mais je lutte corps et âme contre ce détachement mélancolique, sans doute pourquoi quand je vois ou lis quelque chose d'approchant je me sens directement attaqué! :-)
Ecrit par : jean-sébastien | vendredi, 13 avril 2007
La liaison qui est faite ici entre lucidité et mélancolie apparaît floue. En effet, si le mélancolique est lucide quant à son impuissance, il ne l'est pas quant au moyens d'action, et donc ne peux finalement être dit lucide. Il est évident qu'être abusé ou enchanté, c'est n'être pas lucide. Je ne crois pas que la joie soit corrélative de la non lucidité, car en fait, c'est bien plutôt cela, l'essence de la mélancolie. Oui, cela reviendrait à affirmer qu'il faut être trompé pour être joyeux. Pur désespoir et morale d'ivrogne. Bref, la passion joyeuse ou triste reste un aveuglement ou une servitude. Si elle n'est pas une condition suffisante, le fait d'être désabusé ou désenchanté est bien une condition nécessaire de la lucidité, qui elle-même l'est de l'action au sein du réel, et donc in fine de la joie véritable. Bref, le chaînon manquant, ici, c'est le courage, qui est d'abord celui d'être lucide.
Ecrit par : Anaximandrake | samedi, 14 avril 2007
Voter est de toute façon une façon de jouer à la roulette. On ne sait vraiment ce que valent les gens que fassent aux évenements.
(Pardonnez-moi cette philosophie de comptoir, j'ai pour moi Arendt et quelques siècles d'expérience, contre moi quelques gin-tonic ingurgités rapidement).
Ecrit par : VS | lundi, 16 avril 2007
Le scrutin n'est pas un événement puisque la bille ne peut tomber que sur un numéro préexistant au lancer. En effet, l'univers des cas ou résultats possibles est clos avant même le vote. Ici, il y a 12 cases si je ne m'abuse, et contrairement à la russe, toutes sont chargées.
Sinon, quant à votre argument d'autorité, en quoi avez-vous pour vous Arendt, si ce n'est au sujet des conséquences banalement animales du vote en démocratie occidentale ?
Ecrit par : Anaximandrake | lundi, 16 avril 2007
putain, c'est google qui draine les philosophes de comptoir autoproclamés céans ? "fassent aux événements" --> mention spéciale ++.
Sinon, pour répondre à l'annonce ici passée, sachez que je tiens un bi-cross MBK à la disposition de tout intéressé, modèle "Chloé Delaume" (donc sans chaîne pourvue de garde-boue, mais avec chienne de garde debout).
Denis.de.justice [arobase] laposte.net
Ecrit par : passe ton Bach d'abord | mardi, 17 avril 2007
Fassent aux événements: euh... Argh "face aux événements"
"Face aux événements": je ne pensais pas aux résultats du scrutin, mais aux décisions à prendre concrètement jour après jour quand on est au pouvoir "face aux événements (événements: ce qui survient) (écrire l'histoire, en d'autres termes).
On ne peut connaître la valeur d'un homme avant de l'avoir vu à l'œuvre, on vote donc (relativement) à l'aveugle, sans connaître ni la valeur de l'homme, ni les événements historiques auxquels il aura à faire face.
Ecrit par : VS | jeudi, 19 avril 2007
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