jeudi, 25 janvier 2007
Vision de l'enfer
"Il faut que la Ville invente des solutions pour un tourisme durable"
Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris.
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vendredi, 12 janvier 2007
Cinq choses peu connues à mon sujet, donc.
Voilà qu’à l’initiative d’Ornithorynque, je me retrouve pris dans ces chaînes de jeu où le blogueur est censé se dénuder un peu. C’est la chenille qui redémarre, donc. Sachant que quelques amis et un grand frère se comptent parmi mes aimables lecteurs, j’annonce tout de go qu’aucun sombre mystère n’y sera dévoilé. D’ailleurs, je suis un être sans profondeur.
1 – J’ai passé mon enfance à vouloir devenir saint. Il m’arrivait de ne pas dormir en guettant la venue de Jesus. A l’âge de treize ans, je me suis découvert vaniteux, lâche et obsédé sexuel : l’affaire était réglée.
2 – J’ai été momentanément doublure de Victor Lanoux dans un téléfilm. Son personnage devait se glisser dans un container à poubelles pour y effectuer une fouille. Après le plan où on le voyait grimper pour s’y glisser dedans, on m’appela pour le remplacer à l’intérieur. Dans le téléfilm, ce ne sont donc pas ses mains que l’on voit jeter des détritus variés et glaireux, mais les miennes. Sept prises furent tournées, où l’on me demanda de varier le rythme avec lequel je lançais les déchets en dehors du container. Une épouvantable odeur d’aliments décomposés m’accompagna silencieusement jusqu’à la fin de la journée. Ce fut le début d’une longue carrière d’apparitions fantomatiques et subliminales dans les films des autres.
3 – Il existe un roman dont un des personnages principaux porte mon prénom et vit des aventures très lointainement inspirées d’un voyage que j’ai effectué dans le Nordeste brésilien au mois d’avril 1999. En raison d’une négligence de mon frère, ma mère finit par le lire. Des mois durant, elle me considéra alors comme un dépravé.
4 – J’ai écrit ma propre version de ce voyage en terres brésiliennes. C’est un manuscrit de 400 000 signes où l’on retrouve certains des évènements ayant cours dans le roman précité. Y sont évoqués la guerre du Kosovo, les figures d’Antônio Conselheiro et de Lampião, une chauve-souris qui parle, un singe qui joue aux échecs, une photographie perdue de Lauro Cabral, l’hypothèse d’une découverte du Brésil par les Templiers, l’invention du premier ballon à hydrogène par Bartholomeo Gusmao, un jésuite ayant découvert Jésus dans le bassin du Haut-Béni, la musique de Jaufré Rudel et la poésie de Raimbaut d’Orange, une communauté de lesbiennes hollandaises menées par l’ancienne épouse d’un pizzaiolo néo-nazi, une grotte en plein désert où le maire de Canudos aurait caché une réserve d’eau étendue, un Français pétomonane dont le spectacle consiste à livrer une version venteuse de Omega d’Albert Ayler, un groupe de vieillards tous munis de prothèses en bois, et l’Apocalypse que tous ces personnages espèrent, comme une dernière danse dans la forêt de la Chiapada Diamantina. Persuadé que je n’avais pas encore obtenu de version satisfaisante de ce roman, je ne l’ai adressé à aucun éditeur. J’ai fini par comprendre qu’il resterait en l’état, et que ce serait bien ainsi.
5 - Depuis septembre 2003, je sais que la réalité de mon existence peut être sujette à caution. Mais ne sommes-nous pas tous des êtres de fiction?
Pour ne pas être rustre, je transmets ce jeu à une toute jeune trentenaire, miss Pimpeleu.
jeudi, 11 janvier 2007
En passant
Lu, aujourd'hui dans les pages rebonds de Liberation.
"Tout, dans sa nature et dans sa culture, le rend étranger au racisme. Lui, le fils d'une immigrée espagnole, a appris d'emblée la différence qui tient à la nationalité et grandi dans le respect de l'altérité. Lui, l'homosexuel, a éprouvé très jeune la violence invisible provoquée par la dissemblance et mené le combat contre l'homophobie quand tant d'autres se taisaient. Lui, le secrétaire d'Emmanuel Berl, a fait ses humanités auprès d'un des grands penseurs du XXe siècle. Lui, le proche de François Mitterrand, a partagé les combats contre les discriminations. Lui, l'homme de scène et de télévision, a traversé les tourbillons et les rencontres avec le public où toutes les couleurs, toutes les races, toutes les religions se mélangent, sans distinction. Lui, l'écrivain respecté, acteur et spectateur de son temps, a tenté de dire l'horreur que lui inspirent les blessures infligées à ceux qui ne peuvent se défendre. Il nous paraît donc injuste de chercher à lui coller l'étiquette infamante de raciste."
On croirait une parodie, non ? Les derniers humanistes brêlant sont en train de virer fous.
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