vendredi, 12 janvier 2007

Cinq choses peu connues à mon sujet, donc.

Voilà qu’à l’initiative d’Ornithorynque, je me retrouve pris dans ces chaînes de jeu où le blogueur est censé se dénuder un peu.  C’est la chenille qui redémarre, donc. Sachant que quelques amis et un grand frère se comptent parmi mes aimables lecteurs, j’annonce tout de go qu’aucun sombre mystère n’y sera dévoilé. D’ailleurs, je suis un être sans profondeur.

 

1 – J’ai passé mon enfance à vouloir devenir saint. Il m’arrivait de ne pas dormir en guettant la venue de Jesus. A l’âge de treize ans, je me suis découvert vaniteux, lâche et obsédé sexuel : l’affaire était réglée.

 

2 – J’ai été momentanément doublure de Victor Lanoux dans un téléfilm. Son personnage devait se glisser dans un container à poubelles pour y effectuer une fouille. Après le plan où on le voyait grimper pour s’y glisser dedans, on m’appela pour le remplacer à l’intérieur. Dans le téléfilm, ce ne sont donc pas ses mains que l’on voit jeter des détritus variés et glaireux, mais les miennes. Sept prises furent tournées, où l’on me demanda de varier le rythme avec lequel je lançais les déchets en dehors du container. Une épouvantable odeur d’aliments décomposés m’accompagna silencieusement jusqu’à la fin de la journée. Ce fut le début d’une longue carrière d’apparitions fantomatiques et subliminales dans les films des autres.

 

3 – Il existe un roman dont un des personnages principaux porte mon prénom et vit des aventures très lointainement inspirées d’un voyage que j’ai effectué dans le Nordeste brésilien au mois d’avril 1999. En raison d’une négligence de mon frère, ma mère finit par le lire. Des mois durant, elle me considéra alors comme un dépravé.

 

4 – J’ai écrit ma propre version de ce voyage en terres brésiliennes. C’est un manuscrit de 400 000 signes où l’on retrouve certains des évènements ayant cours dans le roman précité. Y sont évoqués la guerre du Kosovo, les figures d’Antônio Conselheiro et de Lampião, une chauve-souris qui parle, un singe qui joue aux échecs, une photographie perdue de Lauro Cabral, l’hypothèse d’une découverte du Brésil par les Templiers, l’invention du premier ballon à hydrogène par Bartholomeo Gusmao, un jésuite ayant découvert Jésus dans le bassin du Haut-Béni, la musique de Jaufré Rudel et la poésie de Raimbaut d’Orange, une communauté de lesbiennes hollandaises menées par l’ancienne épouse d’un pizzaiolo néo-nazi, une grotte en plein désert où le maire de Canudos aurait caché une réserve d’eau étendue, un Français pétomonane dont le spectacle consiste à livrer une version venteuse de Omega d’Albert Ayler, un groupe de vieillards tous munis de prothèses en bois, et l’Apocalypse que tous ces personnages espèrent, comme une dernière danse dans la forêt de la Chiapada Diamantina. Persuadé que je n’avais pas encore obtenu de version satisfaisante de ce roman, je ne l’ai adressé à aucun éditeur. J’ai fini par comprendre qu’il resterait en l’état, et que ce serait bien ainsi.

5 - Depuis septembre 2003, je sais que la réalité de mon existence peut être sujette à caution. Mais ne sommes-nous  pas tous des êtres de fiction?

 

Pour ne pas être rustre, je transmets ce jeu à une toute jeune trentenaire, miss Pimpeleu.

Commentaires

À lire également, « Deux ou trois choses que je sais d'eux », Anne Sinclair, Le Livre de Poche.

Ecrit par : sk†ns | vendredi, 12 janvier 2007

C'est qui, eux ?

Ecrit par : Slothorp | vendredi, 12 janvier 2007

Excellent le coup de Victor Lanoux! Par contre, je vous en conjure, dépêchez-vous d'envoyer votre manuscrit à quelques éditeurs bien choisis. Il ne peut en être autrement. Merci à vous, moi-même je me suis retrouvé un peu victime de cette chaîne, mais finalement, ce n'est pas si putassier que ça.

Ecrit par : OrnithOrynque | vendredi, 12 janvier 2007

Ce qu'on appelle le "baroque brésilien"...

Ecrit par : Francis | vendredi, 12 janvier 2007

Ben, eux, c'est vous.

Ecrit par : sk†ns | vendredi, 12 janvier 2007

Promis, cette fois-ci, je dirai rien à maman.

Ecrit par : Ton grand frère | samedi, 13 janvier 2007

Je suis honorée Slothorp que tu aies pensé à moi, ce qui signifie en effet pour moi que tu es loin d'être un rustre. Je n'en doutais pas à vai dire, mais je te remercie.
Toutefois, depuis quelques mois je m'impose un semblant de discipline sur mon blog en n'écrivant qu'une seule note mensuelle; discipline qui a cet avantage de s'accorder parfaitement à ma feignantise naturelle. Il est donc possible que je ne relève ce défi que le mois prochain. Car oui, il est aussi possible que je ne le relève pas du tout. Mes récentes expériences sur ce jeu permanant du blogger entre réalité et fiction se sont avérées un peu éprouvantes, certains lecteurs me reprochent de faire croire que je suis sincère, comme si c'était effectivement possible. Tu t'es toi-même tiré d'affaire avec brio sur ce défi-ci, mais je ne suis pas certaine d'y parvenir moi-même... On verra.

Ecrit par : pimpeleu | samedi, 13 janvier 2007

Tu n'es pas brésilien mais tu as de l'or au bout des doigts (voire à l'oeil-oreille qui te sert de caméra).

http://www.oheditions.com/spip.php?breve1

Ecrit par : Lambert Saint-Paul | samedi, 13 janvier 2007

J'espère que ce n'était qu'une négligence de la part de votre frère, parce que s'il l'a fait exprès c'était vraiment salaud. (Bon livre à part ça)

Ecrit par : Ibis | samedi, 13 janvier 2007

Ibis,
Vous avez trouvé de quel livre il s'agit ! Je dois avouer que je sèche !!! Help!!!

Ecrit par : Tlön | dimanche, 14 janvier 2007

Est-ce édité chez Sabine Wespieser?

Ecrit par : OrnithOrynque | dimanche, 14 janvier 2007

Pim, c'est les soldes. Tu devrais proposer deux billets pour le prix d'un.
Sinon, pour ceux qui se sont lancés dans le jeu de piste du roman, Ibis avait publié un extrait du livre suivant de l'auteur, qui se déroulait à Lisbonne (si c'est pas un indice à la Foucault Jean-Pierre, ça...)

Ecrit par : Slothorp | dimanche, 14 janvier 2007

On passera chez Gibert pour voir si il est encore disponible.

Ecrit par : Tlön | lundi, 15 janvier 2007

Vorsicht ! Un imposteur s'est glissé dans les commentaires.

Ecrit par : Big Brother | lundi, 15 janvier 2007

... et la taille de ton zboub ?

Ecrit par : Ovühl von Schmoutz | mercredi, 17 janvier 2007

Je ne sais pas, je n'ai jamais songé à le mesurer.

Ecrit par : Slothorp | jeudi, 18 janvier 2007

... donc pas si vaniteux que ça...

Ecrit par : OvS | jeudi, 18 janvier 2007

cadeau!

1/ Quel est le sens (la philosophie) de votre attachement à l’égard d"un ami ?

2/ Pourquoi l’être humain a-t-il besoin d¹avoir des amis ?

3 / En France, quel regard porte-t-on sur les liens d’attachement, d’amitié ?

4/ Avez-vous des critères particuliers pour choisir un ami ? Avez-vous différentes sortes d’amis ?

5 / A votre avis, l’être humain a-t-il un libre-arbitre dans le choix de ses amis ? Si oui, où réside son libre-arbitre, sa liberté ?

6/ L’amitié entre les femmes est-elle plus durable et solide (enracinée) que celle qui existe entre les hommes, ou entre une femme et un homme ?

Ecrit par : nerf | vendredi, 19 janvier 2007

1) 2) 3) Un ami c'est quelqu'un avec qui on compare son zboub.
4) Sont mes amis ceux qui ont un plus petit zboub que moi.
5) Libre arbitre et zboub est un sujet trop vaste pour être traité ici.
6) Les filles n'ayant pas de zboub ne peuvent pas être des amies

Ecrit par : Tlön | vendredi, 19 janvier 2007

mes amies

Ecrit par : Tlön | vendredi, 19 janvier 2007

L'amitié c'est vachement important. Je crois...

Ecrit par : Elsa & Glenn Medeiros | vendredi, 19 janvier 2007

7) Si Glenn en a un tout petit, est-il envisageable que ce soit un beau roman d'amitié qui commence, entre Tlön et lui?

Ecrit par : pimpeleu | dimanche, 21 janvier 2007

Presentez nous.

Ecrit par : Tlön | lundi, 22 janvier 2007

@ pimprenelle :

Oui, à plus forte raison si Tlön en a une très grosse, ce que son nom aux consonnances vikings semble induire. C'est une affaire qui roule...

@ slo :

Pas très obsédé sexuel non plus, visiblement...

Ecrit par : glenda | lundi, 22 janvier 2007

Ben dis donc, Tlön. Dommage que je ne découvre ça que maintenant.

Ecrit par : Séraphin | mardi, 23 janvier 2007

Bon, la prochaine fois je parle de la Vie de Saint Eustache, ca devrait refroidir tout le monde.

Ecrit par : Slothorp | mercredi, 24 janvier 2007

Il y a un petit trou dans un café que je fréquente par lequel je peux regarder les filles pisser. C'est comme ça que j'ai rencontré Elsa.

Ecrit par : Glenn Medeiros | mercredi, 24 janvier 2007

Sale histoire entre nous deux ; tu t'es encore trompé de film mon chou !

Ecrit par : Elsa | mercredi, 24 janvier 2007

Seraphin,
Comme vous le savez le sexe des anges, il y en aurait beaucoup à dire.

Ecrit par : Tlön | jeudi, 25 janvier 2007

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