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samedi, 30 décembre 2006
Une vie de Robert Walser



C’était un de ces jours où le ciel déposait sur le toit des maisons un drap de coton épais, un jour d’hiver où la ville ressemblait à toutes les villes sous l’œil d’un peintre du dimanche, les cheminées qui fumaient, les rues avalées par la brume, les fenêtres noircies, la rumeur des automobiles… Avant c’était les becs de gaz mais bientôt personne n’allait s’en souvenir, et tout s’éteindrait dans la main du temps, hérissée de buildings, comme une toile d’araignée pleine d’orages métalliques et de moteurs à essence. Il s’était levé, le dernier jour de l’avent, le sapin dans le hall, un autre au réfectoire, les guirlandes accrochées sur les façades, l’odeur du gâteau au miel qui cuisait dans les fours, il s’était dit maman, maman, ce souvenir quand il l’avait tirée par la manche, en vain, le gâteau avait brûlé, une odeur âcre qui s’était répandue dans les rues de Bienne, jusqu’au 22 octobre 1895. Adieu, adieu, on n’avait pas pleuré. Dehors, la neige était encore tombée toute la nuit, mais il avait son manteau et ses chaussures, alors il était sorti, un peu sur les hauteurs, une heure, peut-être plus, en allant chercher les épicéas comme un gamin pelant son orange. Y aura-t-il des cadeaux ? Où est passé Saint-Nicolas ? Son manteau bleu qui recouvrait ses pas, l’azur lointain, sa barbe blanche pleine de miettes, un nid pour les oiseaux. Quand il logeait avec Karl, c’était il y a des années, il fallait aussi qu’il quitte ses compagnons, la joyeuse communauté, aimer son frère, sa sœur, ses autres frères, c’était cela qu’il avait d’abord écrit, mais les longues marches solitaires, la nuit, quand l’eau des lacs brille comme un planisphère, un peu d’éclat sous la crête sombre des montagnes, cela vous rendait ivre et heureux, on ne pouvait qu’aimer encore plus, même les vieilles, même les laides, même ces comptables vulgaires qui parlaient si fort dans les cafés. Alors marcher, marcher encore, laisser dans la neige des graphes éphémères, voilà tout de son écriture désormais. Ils pouvaient remonter ses pas, et guetter les signes, ils pouvaient tous lire ses derniers ouvrages dans le voile de givre, tressés par le langage des talons, des bottines de cuir, d’une canne, tout ce qu’on avait encore jamais lu de lui, les zeppelin dans le ciel, les bombes, les voitures embouties, mais toujours la même façon de manger ses biscuits, de boire le thé avec les logeuses, d’avaler les bières, le même bonheur, ce cœur qui bondit comme un ange dans la poitrine, les voilà maintenant, il suffisait de lever la tête, de crever le drap de coton, les jambes se détendent, c’est si délicieux, la poitrine, elle va chercher les astres du soir, au bord des lacs, et c’est assez, assez pour une bonne vie.
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mardi, 19 décembre 2006
Vue de Manhattan
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lundi, 18 décembre 2006
Pause touriste



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mercredi, 13 décembre 2006
90 étages plus bas, 5800 km plus loin, cinq années en arrière : apparition des vivants.


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mercredi, 06 décembre 2006
Sur le pouce
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lundi, 04 décembre 2006
Pharoah Sanders, New-York, décembre 2006


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