lundi, 24 juillet 2006

Against the Day

Enfin, ici.

 



 

jeudi, 20 juillet 2006

Souvenirs des vieux

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Les noms s’effacent, les traits se brouillent et les visages finissent par flotter dans la brume du temps. « Disparaître, disparaître » se répètent-ils. Lisbonne. Porto. Sintra, au crépuscule. Une rencontre avec P. Auster, au fond d’un bar. Nous buvions du mauvais vin rouge. Certains tournent alors le dos à leur propre horizon et deviennent sourds au mugissement des vagues. « La paix, la paix » semblent-ils ressasser.

samedi, 15 juillet 2006

Un coup de boule

D’un simple coup de tête, l’esthète ZZ a donc déchiré l’actualité pour devenir événement. On pourra ergoter encore sur ce geste qui semble échapper à toute logique médiatique, briser le sacre attendu et voler la belle histoire que les journalistes avaient commencé d’écrire la langue tirée et toute bleue, on pourra aussi épuiser encore les fatigués du football qui croient voir briller les bottes nazies dans chaque émotion collective, mais au cours de la kilotonne d’opinions, nul doute que ces quelques secondes qui ont échappé au direct pour éclater en différé, valent leur pesant de cacahuètes à jeter aux guignols. Et les guignols ne manquent pas, particulièrement au fond de la classe, bien à droite, avec leurs petites idées vaillantes résumées dans ce titre de Minute : « Cia voyou ». Bonjour les bouffons. Je ne vais pas m’amuser à renvoyer vers les sites de tous ces petits marquis de la cause blanche et de souche, on les trouve assez facilement à quelques liens d’ici, tous unanimes dans leur médiocrité poussiéreuse pour se féliciter de la victoire des italiens et tirer quelques crachats indignés sur une icône populaire caricaturée en arabe des cités. « Caillera d’un jour, caillera toujours » viennent-ils fredonner comme des veilles sentant l’urine, tout heureux de se complaire dans leurs positions iconoclastes comme s’ils pouvaient en jouir au fond de leurs chambres d’attardés, rêvant inlassablement de mouvements populaires et d’énergie nationale alors qu’ils se savent incapables de vivre autrement que comme des parias idéologiques nourris quand même à la gamelle républicaine. D’un coup de tête donc, le paysage des opinions se dessine et les opinions d’extrême-droite se révèlent comme toujours pour ce qu’elles sont : des caricatures d’opposition, des rodomontades d’adolescents saouls où le sens de l’honneur vire à la grimace d’un singe. Car oui, ce sont des singes en tout, à évoquer les fantômes de l’histoire, à idolâtrer le passé qui leur plaît, à se réfugier dans des uniformes qu’ils seraient bien incapables d’endosser, à rêver qu’ils accomplissent des moulinets de héros le bras englué dans la fange de l’époque. Ces opinions qu’ils honnissent, ces évènements qui les dépriment, cette actualité qui les désespère nourrissent donc chaque jour leurs névroses et paralysent leur imaginaire. Sans ces bobos, ces gauchistes, ces socialistes et ces démocrates corrompus, sans le coup de boule de Zinedine Zidane, ils ne trouveraient pas même la force d’écrire une seule ligne, pas même le courage de justifier leur existence, ils ne trouveraient que leur visage vide.
Ils peuvent donc le remercier.

mardi, 11 juillet 2006

The madcap doesn't laugh anymore

Une figure fondamentale de la pop musique s'est éteinte dans son jardin anglais, à l'abri du bruit, des ondes et des cameras.

Ca change.

 

Syd Barrett, R.I.P. 

mardi, 04 juillet 2006

la marmite, les étoiles et les pieds crottés

Il se trouve bien encore quelques égarés pour venir visiter des pages vides. Combien parmi eux trouvent plaisant d'observer les corps au repos et les visages endormis ?

J'ai plongé mes mains dans une cuve d'acier où il s'est agi de faire bouillir la marmite. La soupe prête, on relèvera la tête vers les étoiles avant d'observer le cuir fondu de ses godasses. N'importe quel rêveur finit toujours par accrocher des pelletées de merde aux pieds. 

J'envie encore la stupéfiante liberté des personnages de la Nouvelle Vague. Mais si je devais apprendre quelque chose de l'un d'eux, un peu plus que faire son lit, je serais probablement mort. Je suis donc comme les fantômes, et je secoue mes chaînes en faisant peur aux petits enfants. D'ailleurs, j'ai de plus en plus horreur des nains braillards, surtout quand les parents vous imposent leur présence. 

Mercredi soir, je serai au Soleil de Menilmontant à brailler à mon tour. La délicatesse a ses moments, et donc ses absences. 

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