lundi, 26 septembre 2005
03

14:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 20 septembre 2005
04

12:00 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
jeudi, 15 septembre 2005
Intermède littéraire
Maintenant que les grandes marques de la rentrée littéraire s’effacent enfin, nos moutons comptés, reste un livre :
Waltenberg, de Hédi Kaddour.
711 pages chez Gallimard.
« C’est une autre guerre qui commence, a dit le commandant, il croyait avoir tout vu en Algérie, vingt ans auparavant, les grottes, après qu’on avait mis le feu à des bottes de paille devant l’entrée, les vieux coloniaux appelaient ça chasser le crouillat, une vieille tradition dans le pays, la fumée, une bonne grosse toux, comme pour les taupes, cinquante ans qu’ils ne comprennent que ça, les coloniaux répétant notre Pélissier avait raison, il a eu la paix, une fois, en fond de grotte, une petite faille, un courant d’air, les sauvages s’y étaient agglutinés, femmes, enfants.
Deux ou trois seulement auraient pu respirer par là, écrasés par les autres pendant que la chimie du feu de paille transformait les poumons des sauvages en bouillie de flamme rouge, quelques hommes avaient tenté de sortir, les fusils attendaient.
« Pas de prisonniers, avait dit le colonel, personne, ils n’en font pas non plus, souvenez-vous des camarades retrouvés avec les choses dans la bouche, et puis la ferme des Morin, toute la famille, il faut faire des exemples. »
Le jour où un lieutenant a demandé si les exemples ne devenaient pas trop nombeux au point que dans le secteur il n’y aurait bientôt plus personne pour le suivre, il a pris un mois de forteresse pour insubordination, en fait simple mutation à Paris car il portait un nom à six siècles et demi, trop grand pour les forteresses, même républicaines. »
« Max est lancé, il parle fort, vite, pour faire taire les autres, pour oublier, pour revivre de l’autre côté du désespoir, pour avoir le temps de regarder cette femme, et en même temps il a la sensation insupportable d’être en train de se disperser, d’être de moins en moins lui-même au fur et à mesure qu’il parle, un mélange de tout, qui n’est plus bon qu’à jeter des scories dans la chaleur, le tabac, la bière, un jour tu ne seras plus bon qu’à parler à tes pantoufles, tu foutras une charentaise sur la table de cuisine et tu lui raconteras ta vie, il n’y aura plus personne.
Max voit la charentaise devant lui, sur la table de la brasserie, pendant qu’il parle à ses camarades et regarde la femme dans le jeu des miroirs, beau visage de femme qui a autre chose à foutre que d’écouter parler les hommes, elle ne fume pas, tu te lèves, tu plaques tous ces pignoufs alcooliques, tu pars avec elle, tu deviens quelqu’un d’autre, celui que tu voulais être il y a une quinzaine d’années quand tu allais prendre un café au Vieux Paris avant de retourner en vitesse lire Aristote, tu es bien, elle a une belle poitrine, Aristote dans le texte et une partie un peu chaude avec cette femme, une banquette de fiacre, la lancer tête la première, oui, mais elle ne te regarde même pas, tu n’as pas réussi à croiser son regard une seule fois. »11:55 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 13 septembre 2005
05

18:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 septembre 2005
06

19:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 05 septembre 2005
07

13:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 02 septembre 2005
08

13:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note